Une nouvelle catastrophe ferroviaire endeuille l’Espagne. Deux trains sont entrés en collision, mercredi 28 octobre 2026, dans la région de Castille-La-Manche, à environ 150 kilomètres au sud de Madrid. D’après Rfi, le drame a fait au moins 31 morts et 80 blessés, selon le dernier bilan communiqué par les autorités régionales, qui redoutent une aggravation du nombre de victimes.
Initialement évalué à une dizaine de morts, le bilan s’est considérablement alourdi au fil des opérations de secours. Esther Padilla, porte-parole des autorités régionales, avait d’ailleurs prévenu que le nombre de victimes était susceptible d’augmenter, compte tenu de la gravité de l’accident.
Selon un porte-parole des services d’urgence espagnols, cité par l’Agence France-Presse (AFP), la collision s’est produite à 8 h 54 entre deux trains appartenant respectivement à l’opérateur privé Iryo et à la compagnie nationale Renfe.
D’importants moyens de secours ont été mobilisés sur les lieux, notamment plusieurs brigades de pompiers, trois hélicoptères et deux unités mobiles de soins intensifs. De son côté, Renfe a annoncé l’ouverture d’une cellule de crise destinée à accompagner les familles des victimes, tout en précisant recueillir les informations nécessaires pour évaluer l’ampleur de la catastrophe.
Une mobilisation massive pour secourir les victimes
La violence du choc a provoqué le déraillement de plusieurs wagons, dont certains ont terminé en contrebas d’un talus. Des images diffusées en direct par la télévision espagnole montraient des voyageurs, encore sous le choc, évacuant les lieux avec leurs bagages, tandis que les équipes de secours poursuivaient leurs interventions.
À la télévision publique RTVE, la ministre espagnole de la Santé, Monica Garcia, a exprimé ses craintes face à ce qu’elle a qualifié de « tragédie importante ». Elle a insisté sur l’urgence d’extraire les passagers des wagons accidentés et de leur porter assistance dans les meilleurs délais.
Pour l’heure, les circonstances exactes de la collision demeurent inconnues. Les autorités n’ont communiqué aucune explication officielle sur les causes de l’accident.
À la suite du drame, la circulation ferroviaire a été interrompue sur la ligne à grande vitesse reliant Madrid à l’Andalousie. L’entreprise publique ADIF, chargée de la gestion des infrastructures ferroviaires espagnoles, a confirmé cette suspension.
Le gouvernement et la classe politique sous le choc
Cette nouvelle tragédie intervient dans un contexte politique sensible, à l’approche des élections législatives prévues le 29 novembre. Elle ravive également le souvenir de la collision ferroviaire survenue le 18 janvier dernier à Adamuz, en Andalousie, qui avait fait 46 morts et plus d’une centaine de blessés.
Ce précédent accident avait profondément marqué l’opinion publique espagnole et relancé les interrogations sur l’entretien des infrastructures ferroviaires et la sécurité des voyageurs. Il avait également suscité de vives critiques de l’opposition de droite et d’extrême droite à l’encontre du gouvernement dirigé par Pedro Sanchez.
Le Premier ministre espagnol s’est dit « consterné par ce grave accident ». Dans un message publié sur le réseau social X, il a assuré que les services de secours étaient mobilisés pour prendre en charge les personnes touchées, tout en exprimant son soutien aux victimes et à leurs proches.
En conséquence, Pedro Sanchez a annulé sa participation à un sommet consacré à l’obésité, prévu mercredi matin à Madrid. Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), qu’il dirige, a également annoncé la suspension de toutes ses activités de campagne pour la journée.
À l’étranger, le président français Emmanuel Macron a exprimé la solidarité de la France avec l’Espagne après ce « terrible drame ferroviaire ». L’Union européenne a, pour sa part, assuré être disposée à apporter toute l’aide nécessaire aux autorités espagnoles.
Le président de la région de Castille-La-Manche, Emiliano García-Page, a également suspendu son agenda afin de se rendre sur les lieux de l’accident. Le chef du Parti populaire (PP), Alberto Núñez Feijóo, principale figure de l’opposition de droite, a exprimé sa vive préoccupation face à ce nouveau drame.
La sécurité ferroviaire de nouveau au cœur des débats
Avec environ 4 000 kilomètres de lignes à grande vitesse, l’Espagne dispose du deuxième réseau de ce type le plus étendu au monde, derrière la Chine. Cette infrastructure constitue l’un des symboles de la modernisation du pays et un atout majeur pour sa mobilité intérieure.
Toutefois, la succession de ces accidents ferroviaires remet au premier plan les préoccupations liées à la maintenance des voies, à la fiabilité des équipements et à la protection des passagers.
Alors que les secours poursuivent leurs opérations et que les autorités tentent d’établir les circonstances de la collision, l’Espagne retient son souffle face à une catastrophe dont le bilan humain pourrait encore s’alourdir.
Philomène AQUOUAMAH








