Le gouvernement ivoirien a décidé de ramener à 0 % la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) appliquée aux aliments destinés à l’élevage et à leurs intrants pour l’exercice 2026-2027. L’annonce a été faite ce lundi 26 octobre à Abidjan-Plateau par Sidi Tiémoko Touré, ministre des Ressources animales et halieutiques, à l’occasion de la troisième édition des Grands rendez-vous de l’Agence ivoirienne de presse (AIP).Une mesure fiscale attendue par les professionnels de l’élevage.
Après un premier ajustement du taux de TVA de 18 % à 9 %, obtenu à la demande des acteurs de la filière, les autorités ivoiriennes ont finalement décidé de supprimer cette taxe pour l’exercice 2026-2027.« À la suite des discussions, je peux vous annoncer que pour l’exercice 2026-2027, la TVA sera remise à 0 % », a déclaré Sidi Tiémoko Touré lors de cette rencontre avec la presse.
Pour le ministre, cette décision traduit la volonté de l’État d’apporter un soutien structurel à un secteur confronté à des coûts de production importants. La baisse de la fiscalité sur les aliments et leurs intrants doit notamment contribuer à alléger les charges des exploitants et à améliorer la rentabilité de leurs activités.
L’aquaculture également concernée
Au-delà de l’élevage traditionnel, les ambitions gouvernementales portent sur le développement de la production aquacole afin de renforcer l’offre locale de poisson et de limiter la dépendance aux importations. Sidi Tiémoko Touré a insisté sur l’importance de l’alimentation dans la performance des exploitations piscicoles. La disponibilité d’aliments de qualité, l’accès au foncier et la recherche d’alternatives locales figurent parmi les leviers identifiés pour soutenir cette activité.
Le ministre a également évoqué plusieurs mécanismes de financement destinés à encourager l’investissement privé, notamment celui des jeunes. L’initiative AgriConnect, développée avec l’appui de la Banque mondiale, doit contribuer à l’accompagnement des exploitations à petite échelle.
Le programme PURNICA, associé à l’économie bleue et soutenu par la Banque africaine de développement, a également été cité parmi les dispositifs appelés à soutenir les investissements dans le secteur. Les jeunes souhaitant se lancer dans la production aquacole sont invités à se rapprocher des directions départementales du ministère pour faire évaluer leurs projets. Le guichet unique mis en place par l’administration doit ensuite faciliter leur orientation vers les financements disponibles, après l’étude technique des sites envisagés.
Des indemnisations pour les pertes liées aux maladies animales
La rencontre a aussi permis au ministre de revenir sur l’accompagnement des éleveurs victimes de maladies animales ayant entraîné des abattages sanitaires. Selon lui, l’État a autorisé une indemnisation d’environ 500 millions de francs CFA pour des exploitants ayant subi des pertes lors d’opérations menées en 2022 et 2023.Sidi Tiémoko Touré a toutefois rappelé que l’élevage demeure un investissement privé et que l’intervention publique ne constitue pas une garantie de remboursement intégral des pertes. L’aide de l’État vise plutôt à faciliter la reprise des activités, sous réserve du respect des exigences réglementaires et sanitaires, notamment en matière de biosécurité.
Les accords de pêche avec l’Union européenne défendus
Interrogé sur les accords de pêche conclus entre la Côte d’Ivoire et l’Union européenne, le ministre a précisé qu’ils concernent exclusivement le thon et ne portent pas sur les prises de la pêche artisanale ivoirienne.
Il a également mis en avant la contribution de ces accords au renforcement du dispositif national de surveillance des pêches, à la lutte contre les activités illicites et à la protection des pêcheurs artisanaux. Il a par ailleurs souligné que la filière thonière représente près de 3 000 emplois dédiés aux femmes, selon les chiffres avancés lors de son intervention.
À travers la suppression de la TVA sur les aliments destinés à l’élevage et leurs intrants pour l’exercice 2026-2027, le gouvernement entend ainsi soutenir la compétitivité des producteurs et favoriser le développement des filières animales et aquacoles. L’enjeu sera désormais de traduire cet allègement fiscal en une baisse effective des coûts pour les exploitants.
Maxime KOUADIO








