La volonté de professionnaliser davantage le secteur des arts vivants en Côte d’Ivoire suscite déjà des réactions. Alors que le ministère de la Culture et de la Francophonie met en place un nouveau dispositif d’encadrement des activités liées aux spectacles, certaines conditions d’accès à la profession interrogent des acteurs du milieu culturel.
La réforme prévoit désormais l’instauration de licences pour les professionnels intervenant dans le secteur. Les exploitants de lieux de spectacles, les producteurs et entrepreneurs de tournées ainsi que les diffuseurs sont concernés par ce nouveau dispositif. Les salles devront également faire l’objet d’une homologation, tandis que la billetterie des spectacles devra progressivement se conformer à un système informatisé.
Pour le ministère, cette réforme doit contribuer à mieux structurer le secteur, à renforcer la sécurité des spectacles et à favoriser l’émergence d’une véritable industrie culturelle ivoirienne.
Mais au-delà du principe de la réglementation, les conditions d’accès aux licences commencent à susciter des interrogations.
Dans une publication sur Facebook, Delor Inabo, acteur engagé dans le domaine culturel, s’est notamment interrogé sur l’exigence financière qu’il attribue au nouveau dispositif. Selon lui, les professionnels des arts vivants devraient désormais justifier de 10 millions de FCFA pour obtenir leur licence.
« En quoi le fait de disposer de 10 millions de FCFA garantit-il le sérieux, l’intégrité, le professionnalisme ou la qualité des services d’un promoteur ? », questionne-t-il.
Pour Delor Inabo, la capacité financière peut certes témoigner de la solidité économique d’un opérateur, mais elle ne saurait, à elle seule, démontrer ses compétences, son expérience ou son éthique professionnelle.
L’acteur culturel estime ainsi que l’assainissement du secteur devrait davantage s’appuyer sur des critères liés aux compétences, à l’expérience, au respect des obligations professionnelles et aux résultats obtenus.
Cette réaction ouvre un débat sur l’équilibre à trouver entre la nécessaire professionnalisation du secteur et l’accessibilité des métiers culturels. Si l’encadrement des promoteurs peut contribuer à réduire les pratiques informelles et à mieux protéger les artistes, les spectateurs et les différents prestataires, des exigences financières élevées pourraient aussi constituer un obstacle pour de jeunes entrepreneurs culturels ou de petites structures.
G.Z








