La réforme de la gouvernance électorale continue de mettre à l’épreuve les capacités de coordination de l’opposition ivoirienne. Alors que plusieurs formations tentaient d’harmoniser leurs positions en vue de présenter une proposition commune au gouvernement, le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) de Laurent Gbagbo s’est retrouvé au cœur des derniers ajustements.
Après plusieurs jours de consultations, quatre composantes de l’opposition sont finalement parvenues à une architecture commune pour le futur organe appelé à remplacer la Commission électorale indépendante (CEI). Le document a été adopté le 3 octobre, avant d’être transmis deux jours plus tard au ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Vagondo Diomandé.
Une convergence après plusieurs propositions
Les discussions ont réuni plusieurs regroupements de l’opposition autour de la recherche d’une position commune sur la future institution électorale. Chacune des composantes engagées dans les échanges était arrivée avec sa propre vision du dispositif à mettre en place.
Le HCE, porté notamment par Simone Ehivet Gbagbo, défendait son projet de Haut Conseil pour les élections. La CAP-CI avait avancé l’idée d’une Commission électorale nationale indépendante, tandis que l’ADCI proposait une Agence nationale des élections et des statistiques.
Ces différentes options ont été examinées au fil des discussions afin de parvenir à un compromis susceptible d’être présenté au gouvernement comme une proposition commune de l’opposition.
Le PPA-CI absent des derniers échanges
Mais cette entente n’aurait pas été obtenue dans une totale unité. Selon le confrère Jeune Afrique, le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), dirigé par Laurent Gbagbo, n’aurait pas participé effectivement aux dernières discussions ayant abouti à la proposition commune.
Le parti figurait pourtant parmi les formations ayant pris part à la démarche initiale. Son absence lors de la phase finale des négociations constituerait ainsi un élément notable dans le processus de rapprochement engagé par les différentes composantes de l’opposition.
Cette situation apporte une nuance importante à l’affichage d’un accord collectif. Cette absence, si elle était avérée, viendrait ainsi fragiliser l’image d’un front uni de l’opposition sur la question de la réforme de l’organe électoral.
Un front commun encore fragile
L’accord obtenu entre les différentes formations ne suffit donc pas à effacer les divergences qui persistent au sein de l’opposition ivoirienne. La question du futur organe électoral demeure au centre d’intenses tractations, avec des propositions parfois différentes selon les formations.
Le PDCI-RDA, notamment, n’a pas intégré cette démarche et a présenté séparément ses propres propositions au gouvernement. À cela s’ajoute désormais la question de la participation effective du PPA-CI à la dernière étape ayant conduit à l’élaboration du document commun.
La remise de la proposition au ministre Vagondo Diomandé ouvre désormais une nouvelle séquence. Le gouvernement devra examiner les différentes options avancées par les acteurs politiques et poursuivre les consultations autour de la future architecture électorale. Au-delà du contenu du projet, cette séquence met surtout en lumière les difficultés de l’opposition à maintenir une position totalement homogène sur la réforme de l’organe électoral. L’accord conclu constitue une étape dans les discussions, mais les derniers échanges montrent que l’unité revendiquée reste soumise à des équilibres politiques délicats.
Maxime KOUADIO








