C’est une journée cruciale mais essentiellement procédurale qui s’ouvre ce jeudi 22 octobre 2026 devant le tribunal de première instance d’Abidjan. La justice doit se prononcer à nouveau sur l’ensemble des plaintes et assignations visant le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA), Tidjane Thiam, ainsi que plusieurs figures clés des instances dirigeantes du parti dont le président du Comité électoral du 9e Congrès extraordinaire tenu le 14 mai 2025, Georges Philippe Esaley.
Au cœur des débats se trouvent trois procédures distinctes. Les deux premières, portées par deux cadres de la formation politique, Antoine Siaba et Charles Tchétché, contestent les conditions d’éligibilité de Tidjane Thiam. La première cité a engagé une troisième assignation le 1er septembre 2026, qui exige du président du PDCI et du président du Comité électoral la communication formelle de l’ensemble des pièces composant le dossier de candidature déposé pour son élection.
Cette dernière action juridique soulève des enjeux particulièrement lourds : elle vise la personne de Tidjane Thiam dans une perspective de poursuites pénales pour « faux et usage de faux », en rapport avec les documents présentés ou non pour ses candidatures aux 8ᵉ et 9ᵉ congrès du PDCI-RDA. Elle met également en cause le comité électoral de l’époque — alors conduit par Philippe Jean-Georges Ezaley lors du 9ᵉ congrès — ainsi que le directeur administratif du parti, Roger M’bia. Le premier ayant clamé haut et fort, à la veille du congrès convoqué en un temps record, qu’il n’aura reçu qu’une seule candidature, celle de M. Tidjane Thiam, et qui remplissait tous les critères, tandis que le directeur administratif est censé, lui, avoir réceptionné le dossier constitutif de ce qui fonde la légalité du président élu du PDCI-RDA.
Alors que le délibéré des deux premières affaires était initialement attendu ce jeudi, après avoir été suspendu pour ce 22 octobre lors de la dernière audience, le 23 juillet 2026, en raison des vacances judiciaires, le schéma procédural s’est modifié. Dans le cadre d’une jonction des procédures, l’audience de ce jeudi devrait être consacrée au recueil des répliques et documents requis par les plaignants à Tidjane Thiam et Georges Ezaley en réponse à la troisième assignation. Il n’est donc pas probable de s’attendre à une décision sur le fond aujourd’hui, le juge devant probablement ordonner un renvoi à une séance ultérieure pour rendre son délibéré.
Pendant ce temps, la vie politique du plus vieux parti de Côte d’Ivoire, qui est célèbre ses 8à ans depuis le 9 avril dernier, reste entièrement cadencée par ces échéances judiciaires. Au siège du PDCI-RDA comme dans les sections, les militants vivent au rythme de ces procès, les yeux rivés sur le palais de justice et les oreilles en alerte pour avoir le verdict des assignations et ce qui va advenir de la suite dans la conduite et de la cohésion interne à leur famille politique. La base apparaît profondément tiraillée et suspendue à l’issue de cette bataille juridique et de la multiplication de ces procédures qui plonge la direction et le parti dans une zone de turbulences et d’incertitude permanente, où chaque décision de justice menace de redessiner l’équilibre interne de l’appareil politique.
F.D.B








