Après avoir passé 24 mois en détention, l’honorable Kando Soumahoro, cadre du GPS et ancien député de Biankouma, s’adresse aux différents acteurs politiques ivoiriens.
Dans une lettre ouverte publiée ce samedi, il livre les enseignements qu’il dit avoir tirés de ses deux années passées derrière les barreaux.
Intitulée « Lettre ouverte à tous les acteurs politiques par un prisonnier en sursis », sa publication se veut un appel à la réflexion sur les rapports entre adversaires politiques, la justice et la liberté.
« Deux ans », écrit d’emblée Kando Soumahoro, rappelant que cette période représente une partie importante d’une vie. Durant son séjour en détention, il affirme avoir côtoyé des jeunes et des cadres issus de différents partis politiques.
Selon lui, des Ivoiriens qui s’opposaient parfois avec virulence à l’extérieur se sont retrouvés, une fois en prison, à partager « la même gamelle et la même prière ».
De cette expérience, l’ancien parlementaire dit avoir retenu trois principales leçons. Il estime d’abord qu’un citoyen peut se retrouver en prison pour ses opinions politiques. Il évoque ensuite les manifestations, les propos tenus publiquement ou les publications sur les réseaux sociaux qui peuvent, selon lui, conduire à une privation de liberté.
Kando Soumahoro attire également l’attention sur les cas qu’il présente comme des erreurs judiciaires ou administratives. Il affirme avoir rencontré en détention des Ivoiriens qui, selon son témoignage, auraient été incarcérés à la suite de dossiers mal constitués, d’une signature manquante ou encore d’une confusion sur l’identité d’une personne.
« La prison ne connaît pas de parti politique, elle connaît les numéros de cellules », écrit-il.
Se présentant également comme consultant en organisation administrative, Kando Soumahoro formule trois propositions à l’endroit des acteurs politiques. Il appelle d’abord à organiser la contradiction politique « sans idée d’humiliation ». Il plaide ensuite pour une justice exercée sans vengeance et sans erreur, afin qu’aucun Ivoirien ne soit privé de liberté en dehors des garanties prévues par la loi et d’un procès juste.
Poursuivant, il invite les responsables politiques à renforcer leur solidarité, au-delà de leurs appartenances partisanes.L’ancien député affirme, pour sa part, sortir de cette période de détention « sans haine et sans esprit de vengeance ». Il dit conserver une conviction : « aucun fauteuil politique ne vaut deux années de la liberté d’un Ivoirien », particulièrement lorsque cette liberté serait perdue à la suite d’une erreur.
Kando Soumahoro a également invité les partis et leurs responsables à tirer les leçons des expériences vécues en détention et à privilégier, dans le débat politique, la contradiction, la justice et la solidarité.
Maxime KOUADIO








