Le président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP), Charles Blé Goudé, a estimé que sa condamnation à vingt ans de prison en Côte d’Ivoire relève désormais d’un « dossier politique » qui nécessite une « solution politique », plaidant une nouvelle fois en faveur d’une amnistie.
Invité mardi de l’émission »La Quotidienne Info » sur NCI, l’ancien ministre de la Jeunesse est revenu sur sa situation judiciaire, près de sept ans après sa condamnation par contumace à vingt ans de prison pour des faits liés à la crise postélectorale de 2010-2011.
Pour justifier sa position, Charles Blé Goudé a rappelé son parcours judiciaire devant la Cour pénale internationale (CPI), où il avait été transféré par les autorités ivoiriennes avant d’être acquitté en première instance puis définitivement en appel. « Le gouvernement de mon pays a estimé qu’il ne pouvait pas me juger relativement à la crise postélectorale et m’a remis à la Cour pénale internationale. Après plusieurs années de procès, j’ai été acquitté à deux reprises », a-t-il déclaré.
Selon lui, sa condamnation prononcée en Côte d’Ivoire en 2019 intervient pourtant pour des faits qu’il considère comme identiques à ceux examinés par la juridiction internationale. S’appuyant sur un principe juridique qui interdit qu’une personne soit jugée deux fois pour les mêmes faits, le président du COJEP estime que son dossier dépasse désormais le seul cadre judiciaire.
Au cours de l’entretien, il a confirmé n’avoir reçu aucun retour à la demande d’amnistie qu’il avait adressée au président de la République en décembre 2024. « Je n’ai aucun signal », a-t-il répondu lorsqu’il a été interrogé sur l’évolution de cette requête.
Le leader du COJEP s’est également interrogé sur ce qu’il considère comme une différence de traitement entre son cas et celui d’autres personnalités impliquées dans la crise postélectorale. Il a rappelé que l’ancien président Laurent Gbagbo, condamné lui aussi à vingt ans de prison par la justice ivoirienne, avait bénéficié d’une grâce présidentielle et du dégel de ses comptes. Il a également cité l’ancienne Première dame Simone Gbagbo, amnistiée après sa condamnation, ainsi que d’autres anciens responsables ayant bénéficié de mesures de clémence.
À l’inverse, Charles Blé Goudé affirme que ses comptes bancaires restent gelés. « Je suis en droit de me demander pourquoi ce traitement est singulier. Comme vous, j’attends la réponse », a-t-il déclaré.
Pour Charles Blé Goudé, cette situation appelle désormais une décision politique. Sans remettre en cause le rôle de la justice, il estime que le contexte de réconciliation nationale justifie une mesure d’apaisement permettant de clore définitivement ce chapitre de la crise ivoirienne.
Le président du COJEP défend depuis plusieurs années un discours axé sur le dialogue et la réconciliation. Au cours de l’émission, il a réaffirmé sa volonté de contribuer à l’apaisement du climat politique, estimant que la Côte d’Ivoire devait tourner la page des conflits et privilégier les solutions consensuelles.
GZ








