Alors que le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) traverse l’une des périodes les plus délicates de son histoire récente, une voix issue de sa jeunesse appelle à rompre avec l’escalade des tensions. Invité le mercredi 29 juillet de The Jacques Roger Show, Valentin Kouassi, président national de la Jeunesse du PDCI urbaine (JPDCI Urbaine), a lancé un appel à l’apaisement, exhortant les militants à abandonner les affrontements sur les réseaux sociaux au profit du dialogue interne.
Pour le responsable de la jeunesse, les querelles numériques ne font qu’affaiblir un parti engagé dans une bataille politique majeure. À ses yeux, la cohésion demeure le principal levier de la formation fondée par Félix Houphouët-Boigny pour espérer reconquérir le pouvoir d’État.
Une crise alimentée par les recours judiciaires
Cette prise de position intervient dans un contexte particulièrement tendu. Depuis l’élection de Tidjane Thiam à la présidence du PDCI-RDA, le parti est confronté à une succession de procédures judiciaires engagées par plusieurs de ses membres. Parmi les contestataires figurent notamment Valérie Yapo, Charles Abié Tchétché et Antoine Siaba, qui remettent en cause la régularité de l’élection de l’ancien directeur général de Crédit Suisse. Bien que Tidjane Thiam ait obtenu plus de 97 % des suffrages lors du congrès électif, ses détracteurs estiment que sa candidature ne satisfaisait pas aux exigences prévues par les textes du parti au moment du scrutin. Cette contestation, désormais portée devant les juridictions, a accentué les lignes de fracture entre les différentes sensibilités du vieux parti.
« Les réseaux sociaux ne reconstruisent pas un parti »
Tout en réaffirmant son soutien au président élu, Valentin Kouassi déplore que ce différend ait quitté le terrain des mécanismes internes de règlement des conflits. Selon lui, la multiplication des attaques personnelles sur les plateformes numériques fragilise davantage l’organisation politique. « Les réseaux sociaux, tels qu’ils sont utilisés aujourd’hui, ne sont pas faits pour aider à la cohésion interne. On ne peut pas aider le parti à aller à la reconquête du pouvoir si nous sommes en train de nous fragmenter à l’intérieur », affirme-t-il.
Pour le président de la JPDCI Urbaine, les divergences d’opinions ne devraient jamais conduire à une guerre ouverte entre militants. Le responsable de la jeunesse estime que les campagnes d’invectives visant certains dirigeants ou militants desservent autant le parti que son président. « On ne rend pas service à Tidjane Thiam en attaquant les cadres. Lorsque le conflit est interne, il faut emprunter d’autres armes : le dialogue. » Il regrette que les positions divergentes soient systématiquement assimilées à des actes de défiance. « En s’attaquant et en clouant au pilori tous ceux qui élèvent des voix contraires, je ne pense pas que cela puisse permettre au parti de consolider son unité pour aller de l’avant. », a-t- il martelé.
À ses yeux, les tensions actuelles illustrent les limites d’une gestion du désaccord fondée sur les rapports de force plutôt que sur la concertation. Valentin Kouassi met également en garde contre une tendance grandissante consistant, sur les réseaux sociaux, à appeler à l’exclusion de militants ou de responsables exprimant des opinions différentes. « Je vois que certains se réjouissent de voir demander à des militants de quitter le PDCI-RDA. Un parti politique n’a pas vocation à chasser ; il a vocation à recruter. On n’arrange pas le président en attaquant des cadres de renom parce qu’ils ont une position contraire. », a-t- il conseillé.
À travers cette intervention, le président national de la JPDCI Urbaine tente d’imposer une autre lecture de la crise : celle d’un différend politique qui ne pourra être résolu durablement ni par les tribunaux ni par les réseaux sociaux, mais par les mécanismes de dialogue et de médiation internes. Dans un contexte où le PDCI-RDA cherche à préserver son unité après plusieurs mois de turbulences, cet appel à la retenue traduit les préoccupations d’une partie de la jeune génération du parti, convaincue que la reconquête politique passe d’abord par la restauration de la cohésion interne.
Maxime KOUADIO








