Dans une publication ce dimanche, Mamadou Traoré, conseiller politique de Guillaume Soro, a clairement exclu tout recours aux armes contre le président Alassane Ouattara. Une position qu’il dit assumer au nom de la paix et de la sécurité des populations du Nord.
« Nous ne prendrons pas les armes contre Alassane Ouattara », affirme Mamadou Traoré, en réponse à ceux qui, selon lui, encouragent les proches de Guillaume Soro à renouer avec la lutte armée en raison des poursuites judiciaires, de la prison ou de l’exil vécus par certains d’entre eux.
Pour expliquer cette position, le conseiller de Guillaume Soro revient sur les événements de décembre 1999 et de septembre 2002. Il estime que les prises d’armes contre les régimes d’Henri Konan Bédié puis de Laurent Gbagbo avaient alors été alimentées par le sentiment de persécution, de mépris et d’exclusion ressenti par une partie des populations du Nord dans le contexte de l’« ivoirité ».
« La situation est différente »
Pour Mamadou Traoré, le contexte actuel ne justifie cependant pas un retour à la lutte armée. Il considère que les populations du Nord ne subissent plus les mêmes formes d’exclusion qu’auparavant. Le conseiller de Guillaume Soro reconnaît que plusieurs proches de l’ancien président de l’Assemblée nationale connaissent aujourd’hui des difficultés, notamment des poursuites ou l’exil. Il cite particulièrement Guillaume Soro, qui reste lui-même éloigné de la Côte d’Ivoire.
Mais ces épreuves personnelles, estime-t-il, ne sauraient justifier une nouvelle confrontation armée. « Nos parents, pour qui nous nous sommes battus, ont retrouvé leur dignité et vivent en sécurité », écrit-il, plaçant leur tranquillité au-dessus des trajectoires individuelles.
Mamadou Traoré présente par ailleurs son différend avec Alassane Ouattara comme un « désaccord politique personnel » et affirme qu’il ne constitue pas un conflit avec les populations du Nord.
Pas de retour aux armes, pas d’adhésion au RHDP
Le conseiller politique de Guillaume Soro dit également refuser que son camp soit utilisé comme « le bras armé des combats d’autrui ». « Nous avons appris de nos erreurs », écrit-il, appelant à préserver la paix malgré les désaccords politiques.
Pour le conseiller de Guillaume Soro, cette volonté de ne pas recourir aux armes ne signifie toutefois pas, un rapprochement avec le pouvoir. Mamadou Traoré affirme explicitement que son camp n’adhérera pas au Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP).« Mais jamais nous n’adhérerons au RHDP », martèle-t-il, traçant ainsi une distinction entre le refus de la lutte armée et le maintien d’une opposition politique à Alassane Ouattara.
Mamadou Traoré affirme enfin que son camp restera opposé à toute résurgence de l’« ivoirité » et à toute remise en cause de la place des populations du Nord dans la société ivoirienne.
Maxime KOUADIO








