L’affaire Justin Koné Katinan prend une nouvelle tournure en Côte d’Ivoire. Le 4e vice-président du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), maintenu en garde à vue depuis la nuit de mercredi à la préfecture de police d’Abidjan, a été conduit vendredi au tribunal antiterroriste, selon des sources proches du dossier.
D’après ces mêmes sources, le responsable du parti de Laurent Gbagbo a été présenté au 8e cabinet du tribunal antiterroriste. Cette nouvelle étape intervient après plusieurs heures d’audition et alors que sa garde à vue avait été prolongée jeudi soir.Justin Koné Katinan avait été interpellé dans le cadre d’une procédure faisant initialement suite à une plainte pour diffamation déposée par Cissé Bacongo.
Le dossier a toutefois évolué au cours de la procédure. Selon la version communiquée par le PPA-CI, les enquêteurs ont également évoqué une accusation de trouble à l’ordre public en lien avec l’élection présidentielle d’octobre 2025.Le parti d’opposition avait par ailleurs contesté la possibilité d’entendre son responsable sans respecter, selon lui, les dispositions applicables aux anciens membres du gouvernement.
Les avocats de Koné Katinan avaient ainsi invoqué les dispositions d’une loi de 2005 et demandé que les procédures prévues pour l’audition d’un ancien ministre soient respectées.Une nouvelle étape judiciaireAprès une première audition mercredi, Koné Katinan avait de nouveau été entendu jeudi à partir de 14 heures. Son audition s’est achevée dans la soirée, sans remise en liberté.
Le PPA-CI avait alors indiqué qu’il devait passer une nouvelle nuit dans les locaux de la préfecture de police avant une présentation au parquet.La conduite de l’ancien ministre devant le 8e cabinet du tribunal antiterroriste constitue donc une nouvelle étape dans une procédure dont les contours se sont progressivement élargis.
À ce stade, les suites judiciaires réservées à Koné Katinan restent à déterminer. Sa présentation devant cette juridiction devrait permettre d’en savoir davantage sur les charges finalement retenues contre lui et sur la décision qui sera prise par les autorités judiciaires.
Le PPA-CI, de son côté, dénonce depuis le début de l’affaire ce qu’il qualifie de « harcèlement judiciaire » contre ses cadres et militants. La formation de Laurent Gbagbo estime que Koné Katinan n’a fait qu’exercer son rôle de responsable politique en relayant les positions de son parti.
La présentation du 4e vice-président du PPA-CI devant le tribunal antiterroriste marque désormais un tournant dans cette affaire, qui pourrait prendre une dimension judiciaire plus importante dans les prochaines heures.
Maxime KOUADIO








