Alors que les dissensions internes au PDCI-RDA continuent de s’exprimer publiquement, Aby Raoul appelle les militants à la cohésion autour de Tidjane Thiam. Pour le maire de Marcory et vice-président du parti, les désaccords peuvent exister, mais doivent être réglés dans les instances de la formation politique.
C’est un message de fermeté qu’Aby Raoul a livré depuis la France. Dans une vidéo de près de quatre minutes publiée ce samedi sur sa page Facebook, le maire de Marcory revient sur les débats qui agitent le PDCI-RDA et déplore l’exposition sur la place publique des différends internes au parti.
L’intervention a eu lieu lors de son séjour en France, à l’occasion de la rentrée politique de la section Paris-Essonne 14 de la délégation générale de Paris-Essonne. Pour Aby Raoul, la vie d’un parti politique repose notamment sur la « fidélité », la « cohésion » et la « loyauté ». Il regrette ainsi que des responsables de haut niveau choisissent de porter leurs désaccords devant l’opinion.« Ça fait toujours de la peine de voir que les problèmes du PDCI sont sur la place publique », affirme-t-il, estimant que les débats internes doivent se tenir au sein des structures du parti.
Le choix des militants doit être respecté
Le maire de Marcory rappelle que les ambitions politiques sont inhérentes à la vie d’une formation politique. Des candidatures concurrentes peuvent exister pour un mandat de député ou de maire, explique-t-il, mais le processus doit aboutir à un arbitrage.« Le débat a lieu en interne. Et finalement, il y en a un qui l’emporte », souligne-t-il.
À ses yeux, une fois le choix effectué par les militants et la direction du parti, celui-ci doit être respecté. C’est dans cette logique qu’il défend le leadership de Tidjane Thiam.« Tidjane Thiam n’a pas été nommé par quelqu’un. Il a été élu par vous, nous les militants », insiste Aby Raoul.
Le vice-président du PDCI estime dès lors que les militants ont « le devoir impérieux » d’assister et d’accompagner le président du parti « jusqu’à ce que demain nous ayons un autre président ».« Tant qu’il est le président du PDCI-RDA, nous lui devons respect »Aby Raoul assume ainsi clairement sa position dans les débats qui traversent actuellement le parti. « Tant qu’il est le président du PDCI-RDA, nous lui devons respect », affirme-t-il.
Le responsable politique rappelle également l’histoire de la formation septuagénaire, qui a célébré ses 80 ans, et présente l’élection de Tidjane Thiam comme une étape dans la continuité de la direction du parti.Il oppose cette situation à celle d’autres formations politiques ivoiriennes, où, selon lui, la question de la succession demeure posée.« Qui sera le président du RHDP ? Qui sera le président du PPA-CI ? Qui va succéder au président Ouattara si aujourd’hui il n’est pas là ? », interroge-t-il.
Pour le maire de Marcory, le PDCI dispose, lui, d’un dirigeant clairement identifié. « Nous, on a la chance de savoir qui est le successeur du président Bédié », estime-t-il.
Critiquer, oui ; remettre en cause l’autorité, non
Aby Raoul ne nie pas pour autant la possibilité de critiquer le président du parti. Il reconnaît à Tidjane Thiam le droit à l’erreur, comme tout responsable politique.« C’est vrai que c’est un président, c’est un être humain. Il a des défauts », admet-il. Il ajoute que la politique « n’est pas son premier champ » et qu’il peut donc « commettre des erreurs ».
Mais pour lui, la critique ne doit pas se transformer en remise en cause de l’autorité du président du parti. « On peut critiquer le président, mais on ne peut pas remettre en cause l’autorité du président jusqu’à le traîner au tribunal », lance-t-il. Une manière de fixer les limites du débat interne alors que les désaccords au sein du PDCI-RDA se retrouvent de plus en plus exposés publiquement.
Un appel à la diaspora
Depuis Paris, Aby Raoul a enfin appelé les militants de la diaspora à jouer un rôle dans la préservation de la cohésion du parti.« Vous êtes au cœur du pouvoir politique. Vous êtes des hommes et des femmes d’influence », leur a-t-il lancé, les invitant à porter au-delà du militantisme un message de rassemblement.
Son appel tient en trois mots : « cohésion, fidélité et soutien » à Tidjane Thiam, présenté comme celui qui doit conduire le PDCI-RDA jusqu’à une nouvelle étape de son histoire.
Aby Raoul défend le principe du respect du choix des militants et rappele que les désaccords, aussi profonds soient-ils, doivent selon lui être traités dans les structures du parti plutôt que sur la place publique.
Maxime KOUADIO








