Les tensions entre des militants de Générations et peuples solidaires (GPS), le mouvement de Guillaume Soro, et ceux du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), de Laurent Gbagbo, s’invitent dans le débat politique. Dans une publication diffusée jeudi 15 octobre, Mamadou Traoré, conseiller politique de l’ancien président de l’Assemblée nationale, explique les raisons de cette brouille et réaffirme les conditions auxquelles son camp entend nouer des alliances au sein de l’opposition.
La polémique autour d’une affaire de boubou a ravivé les divergences entre des partisans de Guillaume Soro et de Laurent Gbagbo. Alors que certains militants du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) se réjouiraient de ces dissensions, selon Mamadou Traoré, le conseiller politique de Guillaume Soro estime que les tensions entre formations politiques ne constituent pas une situation exceptionnelle dans le paysage ivoirien.
Pour étayer son propos, il rappelle les ruptures successives intervenues entre le RHDP et plusieurs de ses anciens alliés. Il cite notamment le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA), sous Henri Konan Bédié, le Front populaire ivoirien (FPI) de Pascal Affi N’Guessan, ainsi que l’Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire (UDPCI) d’Albert Mabri Toikeusse, qui a quitté la coalition avant de la réintégrer.
Mamadou Traoré évoque également le départ de Guillaume Soro du RHDP, en février 2019. À ses yeux, ces précédents montrent que les divergences et les réajustements entre partenaires politiques relèvent de la dynamique des alliances.
L’ivoirité, une ligne rouge pour le camp Soro
Au-delà des tensions provoquées par l’affaire du boubou, le conseiller politique identifie un point de désaccord majeur : la question de l’ivoirité. Il affirme que certains militants du PPA-CI auraient franchi une limite que les partisans de Guillaume Soro refusent de transgresser.« Pour nous, militants de GPS, il existe une ligne rouge absolue : l’ivoirité », souligne-t-il en substance, estimant que toute prise de parole susceptible de raviver ce concept est incompatible avec les principes défendus par son mouvement.
Dans son argumentaire, Mamadou Traoré rappelle que le combat politique de Guillaume Soro s’est notamment inscrit, selon lui, dans la lutte contre les discriminations visant les populations du Nord, en majorité musulmanes. Il juge dès lors inconcevable que son camp s’allie avec des acteurs qui véhiculeraient des discours hostiles à ces populations.
Cette position ne signifie toutefois pas, précise-t-il, que GPS renonce à toute coopération avec les autres forces d’opposition. Le conseiller politique se dit favorable à des rapprochements avec les formations susceptibles de contribuer à une alternance par la voie d’élections qu’il souhaite « justes et équitables ».
Mamadou Traoré distingue la convergence électorale, qu’il considère possible, d’une adhésion à des discours qu’il associe à l’ivoirité, qu’il rejette catégoriquement.
Malgré la fermeté de ses propos à l’égard de certains militants du PPA-CI, Mamadou Traoré prend soin de dissocier les divergences actuelles de ses relations avec Laurent Gbagbo. Il assure conserver un profond respect pour l’ancien président ivoirien.Il rappelle notamment avoir présenté publiquement ses excuses à Laurent Gbagbo en 2022, en raison des différends qui les avaient opposés par le passé.
Le conseiller politique de Guillaume Soro évoque également le pardon accordé par l’ancien chef de l’État à Guillaume Soro, ainsi que l’amitié qu’il lui aurait témoignée.
Maxime KOUADIO








