Trois ans après la disparition soudaine de son président Henri Konan Bédié, le PDCI-RDA traverse une crise sans précédent, marquée par de profonds reculs électoraux et des incertitudes grandissantes quant à son avenir. Le départ du « Sphinx de Daoukro » a laissé un vide immense au sein du parti octogénaire, qui peine à trouver son identité et son leadership dans un contexte de turbulences internes.
En l’absence de Bédié, la succession à la tête du PDCI-RDA s’est ouverte de manière tumultueuse, révélant des tensions sous-jacentes et des ambitions contrariées. L’émergence de Tidjane Thiam, ex-patron de Crédit Suisse, a suscité des espoirs chez certains doyens et militants, mais son ascension s’est heurtée à des obstacles majeurs liés à son statut de nationalité française, qui l’a finalement écarté de la course à la présidentielle.
La gestion du parti par Thiam, principalement à travers les réseaux sociaux depuis son exil en Europe, soulève de nombreuses interrogations quant à sa légitimité. La polarisation croissante des opinions au sein du PDCI-RDA est illustrée par la défection de nombreux militants et par un recul net aux récentes élections législatives, où le parti a perdu plus de la moitié de ses sièges, y compris dans des zones traditionnellement considérées comme ses bastions.
Actuellement, le PDCI-RDA se retrouve en proie à des tensions internes exacerbées par au moins deux assignations en justice visant à contester l’élection de Thiam et à réclamer sa destitution. Ces procédures judiciaires, dont le verdict est très attendu lors de la séance du tribunal de première instance d’Abidjan prévu le 22 octobre prochain, pourraient avoir des conséquences majoritaires sur l’avenir du parti.
Les regards tournés vers la justice et cette nouvelle échéance fixée, les membres du PDCI-RDA expriment leur désarroi face à une direction qui semble divisée et peu encline à rassembler. Les hésitations persistantes autour de l’avenir du parti et l’inquiétude face à une légitimité gangrenée par des luttes internes amplifient le sentiment d’incertitude qui plane sur le PDCI-RDA alors qu’il se remémore le troisième anniversaire de la perte de son illustre ex-président.
À l’heure où de nombreux militants se posent des questions sur l’avenir du PDCI-RDA, toutes les attentions sont rivées sur le verdict judiciaire imminent, qui pourrait déterminer le cap futur du parti et son éventuelle capacité à redresser la barre dans un paysage politique ivoirien en constante évolution.
En attendant, tous pleurent et se souviennent de Henri Konan Bédié qui, bon an mal an, aura tenu et maintenu dans l’ordre l’héritage politique à lui échu après le décès de Félix Houphouët-Boigny, le père-fondateur de ce parti et de la Côte d’Ivoire moderne.
Félix D. BONY








