Ci-dessous une réaction du député-maire de Cocody, Vice-président du PDCI-RDA, qui interpelle l’ensemble des cadres et les militants de cette formation politique sur le devoir qu‘il leur incombe de rebâtir leur unité et leur cohésion en recourant au dialogue, l’arme du parti.
Militantes et militants du PDCI-RDA,
Au moment où nous venons de commémorer l’an trois du décès du Président Henri Konan Bédié, au moment où nous pleurons encore et toujours les pionniers du PDCI-RDA qui nous ont quittés, devons-nous délaisser le chemin de l’entretien et de l’amélioration de l’héritage que nous revendiquons d’eux ?
Notre Parti, de par la faute des uns et des autres, sans doute portés par un trop grand et incontrôlé amour, est à la croisée des chemins. Le Parti fondé par Félix Houphouët-Boigny, porté contre vents et marées par Henri Konan Bédié, se donne, malheureusement, en spectacle aujourd’hui. Des procès à n’en point finir ; des invectives, injures et rixes sur la place publique, bref, une guéguerre qui ne fait que le lit de tout ce qui concourt à désintégrer le PDCI-RDA, ou à le mettre à la merci de ses adversaires qui n’attendent que de lui porter l’estocade. Le véritable adversaire est pourtant en face et fait tout pour réduire notre Parti à néant. L’adversaire n’est pas à l’intérieur du Parti. Toute guéguerre interne ne peut que nuire au PDCI-RDA.
Quel PDCI-RDA voulons-nous aujourd’hui, à travers tous les actes et mots de travers devenus mode de militer ? Le Parti du dialogue, hélas, ne cherche plus à régler ses incompréhensions internes par le dialogue. Le Parti Démocratique, hélas, manque-t-il maintenant de démocrates ? Certes, on ne peut avoir un parti comme le PDCI-RDA, creuset de l’intelligentsia nationale et avoir en même temps un unanimisme béat, mais les débats et autres projets devraient s’inscrire dans le cadre approprié du Parti. Car, autant un dirigeant, quel que soit son charisme, s’il n’a pas des hommes derrière lui, ne dirige rien, autant on n’est militant que si le Parti existe et vit. Si demain, de par notre faute, le PDCI-RDA devrait prendre un coup qui le fasse coucher à jamais, aurions-nous fait œuvre utile ? Si demain, de par notre faute, nous n’atteignons pas l’objectif du retour au pouvoir d’Etat, aurions-nous œuvré dans le bon sens ? Le PDCI-RDA, notre Parti, ne peut s’offrir, dans les circonstances et conditions d’aujourd’hui, le luxe de se morceler en pro-X, pro-Y, pro-Z. Soyons tous et rien que pro-PDCI-RDA, pour la Côte d’Ivoire et pour les Ivoiriens.
Les Ivoiriens attendent encore et toujours beaucoup du Parti fondé pour servir le veillant peuple ivoirien. Nous n’avons pas le droit de les dérouter en nous inscrivant dans une démarche d’autoflagellation qui trahira leurs attentes.
Militantes, militants du PDCI-RDA, le dialogue, l’arme des forts, est encore possible. Il suffit de penser aux générations qui nous suivront et d’avoir la ferme volonté de leur laisser un Parti fort, uni et toujours conquérant, comme nous l’avons reçu en héritage. Le dialogue, la démocratie sont les armes dont le PDCI-RDA a toujours usé pour relever les défis.
Nous avons le devoir d’aller à l’apaisement, de renouer le Dialogue, de recoller les morceaux et de consolider la cohésion. Oui, nous le pouvons.
J’y crois,
Jean-Marc Yacé
Vice-président du PDCI-RDA
- Lu dans ‘’Le Nouveau Réveil’’








