La procédure se durcit autour de Justin Koné Katinan. Le quatrième vice-président du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) a été placé en garde à vue ce mercredi 9 septembre 2026, après plusieurs heures d’audition à la préfecture de police d’Abidjan, située à Abobo.
Le responsable politique est actuellement entendu dans les locaux du Service des Enquêtes générales, où il se trouve en présence de ses avocats. Son placement en garde à vue intervient alors qu’il avait été convoqué sur instruction du procureur de la République.
La procédure fait suite à une plainte déposée par le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Les faits reprochés à Koné Katinan portent notamment sur des accusations de diffamation, d’injures et de diffusion de fausses nouvelles.Ces griefs font suite aux déclarations tenues par le dirigeant du PPA-CI lors de la Tribune de son parti, organisée jeudi dernier à Abidjan-Cocody.
Son intervention était consacrée à « l’orpaillage en Côte d’Ivoire : de la clandestinité à l’illégalité ». Au cours de cette rencontre, Koné Katinan avait mis en cause la responsabilité du pouvoir dans l’essor de l’orpaillage clandestin en Côte d’Ivoire. Il avait également évoqué des accusations particulièrement graves relatives à des activités présumées de trafic de drogue, de blanchiment d’argent et d’orpaillage qu’il imputait à des réseaux liés, selon lui, au pouvoir.
Dans son exposé, le quatrième vice-président du PPA-CI avait fait remonter l’origine du phénomène de l’orpaillage clandestin à la crise politico-militaire de 2002. Il avait notamment établi un lien entre les activités de contrebande d’or et d’autres ressources minières signalées dans les zones contrôlées par les Forces nouvelles durant cette période et la généralisation ultérieure de l’exploitation clandestine.
Pour appuyer son argumentaire, le responsable politique s’était référé à plusieurs travaux de recherche et rapports internationaux.Ces déclarations ont suscité la réaction du RHDP, qui a engagé une procédure judiciaire contre le responsable du PPA-CI. Autorisé à se présenter avec son conseil, conformément aux dispositions de l’article 90 nouveau du Code de procédure pénale, Koné Katinan s’était rendu à la préfecture de police accompagné de ses avocats.
La direction du PPA-CI avait également apporté son soutien à son quatrième vice-président, tandis que des groupes de militants s’étaient rassemblés aux abords de la préfecture de police d’Abobo.
Le placement en garde à vue constitue désormais une nouvelle étape dans cette affaire, dont les suites judiciaires pourraient contribuer à raviver les tensions entre le PPA-CI et le RHDP.
Maxime KOUADIO








