Kando Soumahoro, ex-député de Biankouma et cadre de Générations et peuples solidaires (GPS), est revenu mardi sur la crise politico-militaire ivoirienne de 2002 et, plus particulièrement, sur la question des responsabilités dans la rébellion.
Dans une publication, l’ancien parlementaire s’est interrogé sur la possibilité qu’une rébellion armée puisse être portée par un seul homme. Une réflexion qui le conduit à revenir sur le rôle joué par plusieurs formations politiques regroupées, à partir de 2005, au sein du RHDP.
« On veut nous faire croire qu’une seule personne a porté la rébellion ivoirienne parce qu’elle l’a revendiquée et a même écrit un livre : Guillaume Kigbafori Soro », écrit Kando Soumahoro.
Pour appuyer son propos, il rappelle la création, le 18 mai 2005 à Paris, d’une plateforme réunissant plusieurs partis politiques ivoiriens et les Forces nouvelles. Il cite notamment le PDCI-RDA de Henri Konan Bédié, le RDR d’Alassane Ouattara, l’UDPCI d’Albert Mabri Toikeusse, le MFA d’Innocent Anaky Kobena, le PIT de Francis Wodié et l’UPCI de Gnamien Konan.
Kando Soumahoro souligne que cette alliance politique intervient alors que la Côte d’Ivoire est toujours plongée dans une crise politico-militaire et que le pays est divisé en deux, avec le Nord contrôlé par les Forces nouvelles.
Selon lui, les formations politiques réunies au sein de cette plateforme deviennent alors des interlocuteurs dans les négociations de sortie de crise. Il s’interroge notamment sur les raisons qui ont conduit des partis se réclamant de l’houphouëtisme à soutenir politiquement les Forces nouvelles.
« Pourquoi des Houphouëtistes décident-ils d’apporter leur soutien à des rebelles armés au lieu de les combattre ? », demande-t-il.
L’ancien député estime que la durée de la rébellion impose de dépasser la lecture d’un mouvement porté par un seul individu. Il identifie trois éléments qu’il considère comme indispensables au maintien d’une rébellion armée sur une longue période : une couverture politique nationale et internationale, des moyens financiers et une base militaire territoriale.
« Une rébellion armée qui dure huit ans a besoin de trois choses qu’un seul homme n’a jamais seul », affirme-t-il.Kando Soumahoro pose notamment la question du financement des combattants : « Qui paie les soldats pendant huit ans ? »
À travers ces interrogations, le cadre de GPS remet en perspective le rôle des différents acteurs de la crise ivoirienne et conteste l’idée selon laquelle la responsabilité de la rébellion pourrait être imputée à une seule personne. Il établit également un lien entre cette séquence et la victoire de 2011, obtenue dans le cadre de la coalition politique formée autour du RHDP.
« Si la victoire de 2011 a été collective avec le RHDP, la responsabilité doit aussi être collective », écrit-il. Avant d’ajouter : « On ne peut pas partager la victoire à plusieurs et laisser la culpabilité à un seul. »
Kando Soumahoro assure toutefois ne pas chercher à accuser qui que ce soit. Il présente sa sortie comme une réflexion fondée sur des faits et des dates qu’il dit avoir vécus.« C’est mon analyse avec des dates, je l’ai vécue, je cite une date et un lieu : 18 mai 2005 à Paris », précise-t-il.
Maxime KOUADIO








