Dans une contribution rendue publique ce mercredi 14 octobre 2026, Ahoua Don-Mello, ancien cadre du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), plaide pour la mise en place d’une Autorité électorale nationale indépendante (AENI). Il estime que la crédibilité du futur dispositif électoral dépendra notamment de la compétence de ses membres, de leur indépendance vis-à-vis des partis politiques et de l’obtention d’un consensus national autour de la réforme.
Intitulé « Le nouvel organe électoral et la dynamique démocratique », son texte inscrit la réforme électorale dans la perspective d’une évolution du système politique ivoirien. Pour Ahoua Don-Mello, le passage du multipartisme à une démocratie effective demeure entravé par le fonctionnement des institutions de la République.
L’ancien cadre du PPA-CI critique ce qu’il considère comme une gestion partisane des institutions sous la gouvernance du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Selon lui, cette situation favorise des exclusions administratives, économiques, sociales et électorales. Il met notamment en garde contre le risque de voir une victoire acquise dans les urnes remise en cause par le comportement des institutions chargées de la gestion électorale.
Dans cette perspective, la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI), intervenue le 6 mai 2026 par décret présidentiel, représente, à ses yeux, une occasion de repenser les mécanismes d’organisation des élections.Une autorité électorale fondée sur la compétenceAu cœur de sa proposition figure la création d’une Autorité électorale nationale indépendante (AENI), chargée de l’organisation des élections et de la proclamation des résultats provisoires.
Ahoua Don-Mello préconise une structure reposant sur deux composantes : un organe délibératif et un organe technique chargé de la gestion administrative et opérationnelle des scrutins.
Le principal critère de sélection des membres serait leur compétence professionnelle, plutôt que leur appartenance politique. Dans le schéma proposé, les partis politiques et l’exécutif seraient ainsi écartés de la prise de décision et de la conduite des opérations électorales. Ils conserveraient toutefois un rôle d’observation et d’interpellation.
Pour Ahoua Don-Mello, cette architecture constituerait une rupture avec les pratiques qu’il assimile à celles d’un « Parti-État ». Elle viserait à renforcer l’indépendance de l’administration électorale et à instaurer des conditions susceptibles de consolider la confiance des acteurs politiques dans les résultats des scrutins.
L’opposition appelée à transformer ses divergences en consensus
L’ancien cadre du PPA-CI met également en avant le rapprochement engagé entre plusieurs composantes de l’opposition autour de la réforme électorale. Il cite le groupe HCE, dirigé par Simone Gbagbo, la CAP-CI de Pascal Affi N’Guessan, l’ADCI d’Assalé Tiémoko et le PPA-CI de Laurent Gbagbo, qui ont participé aux discussions visant à élaborer une proposition commune.
Il voit dans cette démarche une volonté de dépasser les clivages entre formations politiques pour dégager une position consensuelle à présenter au gouvernement.
Le débat se poursuit avec le PDCI-RDA, tandis que les différentes composantes de l’opposition réclament un dialogue avec l’exécutif afin de parvenir à un accord sur la future architecture électorale.
Ahoua Don-Mello salue cette dynamique, qu’il présente comme une possibilité de faire prévaloir le débat d’idées sur les divisions partisanes. Il estime que la recherche d’un compromis entre les acteurs politiques peut contribuer à créer les conditions d’une évolution démocratique durable.
Un accord national pour consolider la démocratie
Au-delà de la création d’un nouvel organe, Ahoua Don-Mello fait du consensus national une condition importante de la réforme. Selon lui, un accord sur les règles de fonctionnement de la future autorité électorale pourrait favoriser un système dans lequel chaque voix serait effectivement prise en compte.
Il inscrit cet objectif dans l’histoire politique du pays depuis l’instauration du multipartisme en 1990, un processus qu’il décrit comme marqué par des avancées et des reculs successifs. Il appelle à ce que la dynamique actuelle soit portée par les citoyens afin qu’elle puisse s’inscrire dans la durée.
Pour l’ancien cadre du PPA-CI, la réforme électorale ne saurait donc se limiter à remplacer la CEI par une nouvelle institution. Elle doit, selon lui, permettre de renforcer l’indépendance de l’organisation des scrutins, de réduire l’influence des intérêts partisans sur leur conduite et de consolider la confiance dans les résultats.
Maxime KOUADIO








