Le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) interpelle le gouvernement sur la hausse des prix du poisson et la dépendance du pays aux importations. Dans un document consacré au « Pacte social » de Laurent Gbagbo, rendu public le jeudi 22 octobre 2026, le parti formule plusieurs propositions pour renforcer la production nationale et préserver le pouvoir d’achat des ménages.Pour le PPA-CI, la persistance de la vie chère révèle les limites des politiques publiques en matière de souveraineté alimentaire.
La formation politique reproche aux autorités de privilégier des réponses ponctuelles aux crises, sans s’attaquer suffisamment aux facteurs structurels qui alimentent la hausse des prix. Le parti estime notamment que les annonces relatives à la création d’un observatoire des prix et d’une commission de suivi ne pourront produire des résultats concrets sans une véritable politique de transparence et de régulation.
Le PPA-CI souligne le décalage entre la baisse temporaire annoncée des prix de deux variétés de poisson et la situation générale du marché. Selon le document, plusieurs espèces, dont le sosso, le capitaine, la carpe rouge, la mademoiselle, le brochet et le thon, restent hors de portée d’une partie croissante de la population.
Le thon, ingrédient essentiel à la préparation du garba, figure également parmi les produits concernés par cette flambée des prix. Pour le parti, cette situation s’explique en grande partie par la forte dépendance de la Côte d’Ivoire aux importations. Le pays importerait chaque année plus de 700 000 tonnes de poisson, pour une facture dépassant 500 milliards de francs CFA, selon les chiffres avancés dans le document.
Cette dépendance expose les consommateurs aux variations des cours internationaux et réduit les possibilités de protéger durablement les ménages contre les augmentations de prix.
Un audit des coûts réclamé
Face à cette situation, le PPA-CI demande la réalisation d’un audit indépendant et transparent des coûts de débarquement, de conservation et des marges appliquées tout au long de la chaîne de commercialisation du poisson. La formation politique réclame également la publication régulière des données de l’Observatoire des prix et des marges. Elle estime que cette mesure permettrait aux consommateurs de mieux comprendre la formation des prix et de disposer d’informations sur les différents coûts supportés par les acteurs du secteur.
Au-delà du contrôle des prix, le parti plaide pour des mesures destinées à accroître l’offre nationale de poisson. Il propose notamment des incitations fiscales en faveur de la production aquacole ainsi qu’un programme national de financement et d’accompagnement des jeunes, des femmes et des coopératives engagés dans la pisciculture.
La production locale au cœur des propositions
À travers ces recommandations, le PPA-CI défend une approche qui privilégie le développement de la production nationale plutôt que les seules réductions ponctuelles des prix. Le parti considère que la souveraineté alimentaire, la valorisation des ressources locales et le soutien aux producteurs constituent des leviers essentiels pour agir durablement sur le coût de la vie.
Ces propositions s’inscrivent dans le cadre du « Pacte social » porté par Laurent Gbagbo, qui place la justice sociale, la défense du pouvoir d’achat et la dignité des citoyens au centre de son projet.
En mettant l’accent sur la filière halieutique, le PPA-CI entend ainsi faire de la réduction de la dépendance aux importations et du développement de la pisciculture des axes majeurs de sa réponse à la vie chère en Côte d’Ivoire.
Maxime KOUADIO








