Dans une publication diffusée ce mardi, Mamadou Traoré, conseiller politique de Guillaume Soro, revient sur le parcours de l’ancien président de l’Assemblée nationale et dénonce ce qu’il considère comme des contradictions dans le traitement réservé à son mentor par la classe politique ivoirienne.
Sous le titre « Les paradoxes de la politique ivoirienne : le cas de Guillaume Soro. Ange ou démon ? », Mamadou Traoré s’interroge sur l’évolution de l’image de l’ancien chef des Forces nouvelles, tour à tour présenté, selon lui, comme un acteur décisif puis comme un adversaire à combattre.
Le conseiller politique relève notamment un paradoxe autour du rôle attribué à Guillaume Soro dans la rébellion de 2002. Ses détracteurs lui reprochent d’avoir conduit cette rébellion et d’avoir contribué aux crises qui ont suivi. Dans le même temps, certains soutiennent qu’il n’aurait été qu’un « opportuniste » ou un simple « figurant ».« Où se situe la logique ? », questionne Mamadou Traoré.
Un traitement à « deux poids, deux mesures »
Dans son argumentaire, le proche de Guillaume Soro évoque également le traitement réservé aux anciens chefs de guerre. Selon lui, certains acteurs ayant effectivement participé aux combats sont aujourd’hui présentés favorablement par des militants du RHDP pour leur contribution à l’État, tandis que Guillaume Soro continue d’être associé aux épisodes les plus sombres de l’histoire politique récente.
Mamadou Traoré rappelle, à ce propos, que son mentor n’aurait pas été impliqué dans les coups de force de 1999, 2000 et 2001 qu’il cite dans sa publication.Cette comparaison constitue, selon lui, un exemple du « deux poids, deux mesures » qui caractériserait le traitement des différents protagonistes des crises ivoiriennes.
De l’allié au rival politique
Mamadou Traoré revient ensuite sur l’évolution des rapports entre Guillaume Soro et ses anciens alliés. Il estime que la perception de l’ancien Premier ministre aurait changé au gré des alliances politiques.« L’histoire montre qu’en politique, le statut d’ange ou de démon dépend souvent de la position de chacun », écrit-il.
Selon son analyse, Guillaume Soro a ainsi pu être présenté comme un « sauveur » lorsqu’il se trouvait dans le même camp que certains responsables politiques, avant de devenir un « ennemi juré » après avoir pris ses distances.
Cette lecture intervient alors que Guillaume Soro demeure engagé dans la vie politique ivoirienne depuis son exil. Il a notamment été reconduit fin septembre à la tête de Générations et Peuples Solidaires (GPS), mouvement dissous par la justice ivoirienne, et a annoncé vouloir préparer ses partisans à l’exercice du pouvoir.
« Un adversaire politique de premier plan »
Pour Mamadou Traoré, les critiques visant Guillaume Soro ne seraient donc pas uniquement liées à son passé. Il estime que sa position actuelle dans le paysage politique expliquerait également les attaques dont il fait l’objet.« Chaque camp aurait rêvé de l’avoir dans ses rangs », affirme-t-il, estimant que l’incapacité à rallier ou à contrôler l’ancien chef des Forces nouvelles conduirait certains de ses adversaires à chercher à « le déconstruire » politiquement.
M.K








