La Côte d’Ivoire affiche de grandes ambitions dans le domaine de la révolution spatiale. L’organisation à Abidjan de l’Africa Space Expo (Aspex) ouverte le jeudi 24 septembre 2026 matérialise cette ambition clairement exprimée par plusieurs membres du gouvernement présents à l’occasion.
Représentant le parrain de la cérémonie, le Vice-Premier ministre Téné Birahima Ouattara, le ministre de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique y est allé sans détours. « Cette première édition de l’Africa Space Expo annonce l’arrivée de la Côte d’Ivoire dans le concert des nations spatiales africaines. En effet, avec la création de l’Agence spatiale ivoirienne, adoptée en Conseil des ministres le 4 janvier 2025, notre pays reconnaît que l’espace n’est plus une frontière lointaine réservée aux privilégiés de l’occupation. Le miroir de nos territoires, le levier de notre économie, fait par-dessus tout le garant de notre indépendance. À l’ère des mutations géopolitiques contemporaines, la maîtrise des sciences et des technologies spatiales constitue le socle invisible mais indispensable de notre culture ». Le ministre Touré Mamadou a souligné tout l’intérêt que la Côte d’Ivoire accorde aujourd’hui à la maitrise de l’espace. Il a mentionné notamment le soutien en termes de renforcement de la défense des territoires, des zones maritimes et côtières, des frontières, et la sécurité des nations. « Face aux menaces de l’insécurité, du terrorisme, à la piraterie maritime, aux affrontements transfrontaliers, le contrôle des espaces est notre premier atout. Des yeux que nous posons sur nos frontières depuis l’espace nous offrent un avantage stratégique décisif. La surveillance satellitaire permet, avec une forte efficacité, d’anticiper des menaces, suivre le mouvement d’ennemis et de sécuriser nos espaces maritimes. Elle renforce notre résilience face aux catastrophes naturelles en optimisant la gestion des crises et des événements sécurisés. Il est donc clair pour nous, l’espace, dans toutes ses composantes, représente une opportunité pour la matérialisation et la concrétisation de la vision du chef de l’État SE Alassane Ouattara pour une grande Côte d’Ivoire ».
Aussi, le représentant du Vice-Premier ministre, ministre de la Défense, a traduit toute l’attente des autorités ivoirienne des réflexions et résolution des experts invités durant les travaux en marge des trois jours d’exposition. Il a mis un accent particulier à la mutualisation des compétences, des infrastructures et des données pour consacrer la durabilité des économies et renforcer la sécurité des communautés sur le continent.

Dans la même dynamique, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, tutelle de l’Agence spatiale de la Côte d’Ivoire (ASCI) a souligné le caractère multidimensionnel et tout le bénéfice que le pays entend tirer de la conquête de l’espace, une révolution, par essence, transversale. « Elle doit mettre les technologies spatiales au service de notre agriculture, de la surveillance de nos forêts, de nos ressources en eau, de nos zones maritimes et côtières, de la prévention des catastrophes, de l’aménagement du territoire, des télécommunications, de la santé, de la sécurité et de la défense ». C’est pourquoi pour Adama Diawara, l’ASCI est appelée à devenir partenaire de nombreux projets de recherche financés dans le cadre des Programmes Nationaux de Recherche.
D’ores et déjà, le ministre en charge de la Recherche scientifique a annoncé la tenue prochaine des états généraux de l’Espace en Côte d’Ivoire, annonçant au passage l’ambition de faire de l’ASPEX l’une des activités phares de l’ASCI, un rendez-vous annuel en terre ivoirienne. « Notre ambition est d’installer progressivement Abidjan comme l’un des grands rendez-vous internationaux spatiaux en Afrique », a-t-il partagé.
Son homologue de la Transition numérique, lui, a salué la tenue sur la même période et le même site de l’Aspex du Forum des radiocommunications. Deux révolutions interconnectées dont l’une ne peut être sans l’autre. « Ce n’est pas un hasard si ces deux événements coïncident. Il n’y a pas de véritable stratégie spatiale sans une question des fréquences. Il n’y a pas non plus le déploiement de réseaux terrestres ou satellitaires sans une attention constante portée à l’exposition de nos populations aux ondes électromagnétiques » a salué Djibril Ouattara.
Quant au ministre des télécommunications de l’Angola, invité à lAspex, il a traduit toute la disponibilité de son pays à prendre sa part dans les échanges d’expériences sur le continent, mais spécifiquement entre Abidjan et Luanda. « On veut que les start-ups angolaises puissent rencontrer des partenaires ici en Côte d’Ivoire et que les entreprises de Côte d’Ivoire trouvent opportunités en Angola ».
Faut-il le souligner, la première édition de Aspex à Abidjan a drainé un parterre de personnalité dont la vice-présidente de l’Agence spatiale africaine, Mme Thandikile Mbvundula, et une délégation des Etats-Unis, pays invité d’honneur. Cette édition fermera ses portes avec des résolutions qui seront connue samedi 26 septembre 2026, à la clôture.
F.D.B








