Le fondateur des Églises MFD, Axel Lévi, est au centre d’une vive controverse en France. Accusé de plusieurs relations extraconjugales avec des fidèles et de recours présumé à la prostitution, le pasteur ivoirien reconnaît certains faits, tout en contestant une partie des accusations diffusées sur les réseaux sociaux. Lui et son épouse ont été écartés de leurs fonctions ministérielles.
La scène, captée pendant un culte et largement relayée sur les réseaux sociaux, a donné le ton d’une affaire qui n’a cessé de prendre de l’ampleur. Plusieurs hommes tentent de rejoindre Axel Lévi avant d’être retenus par des fidèles et des membres du service d’ordre. Sur les réseaux sociaux, ces hommes sont présentés comme des maris venus demander des comptes au pasteur, qu’ils accusent d’avoir entretenu des relations avec leurs épouses. Des affirmations dont certaines restent toutefois à établir.
Le paradoxe d’un prédicateur de la fidélité
L’affaire prend une résonance particulière au regard du discours longtemps porté par Axel Lévi sur le couple et la sexualité. Le fondateur de MFD avait fait de la fidélité et de la maîtrise de soi des thèmes récurrents de ses prédications. Consacré pasteur en 2016, à seulement 23 ans, Axel Lévi avait fondé quelques mois plus tard les Églises MFD avec son épouse Laurine. L’organisation, née dans le salon de sa mère, s’est progressivement implantée dans plusieurs pays francophones, notamment en Côte d’Ivoire, en France, en Belgique, au Canada et en Martinique.
En 2025, le pasteur avait également publié 100 pensées sur les relations amoureuses, consacré aux rapports de couple et aux principes du mariage chrétien.
Des accusations en cascades
En septembre 2026, plusieurs témoignages publiés en ligne l’accusent d’avoir entretenu des relations sexuelles avec des femmes de son Église. D’autres publications évoquent des rencontres dans des « love rooms » ainsi qu’un recours présumé à des prostituées. Certaines accusations vont plus loin et affirment que de l’argent provenant des dîmes aurait servi à financer ces rencontres. D’autres témoignages mettent en cause le pasteur sur des faits de violences conjugales et évoquent des abus qui auraient été commis par un religieux présenté comme son père spirituel. Ces différents éléments sont à distinguer des faits reconnus directement par Axel Lévi.
Des aveux, mais aussi des contestations
Dans une lettre publiée sur Instagram, le pasteur reconnaît avoir commis des « fautes graves », notamment l’adultère.Il admet avoir eu des relations sexuelles consenties avec certaines femmes de son Église, ainsi qu’avec des femmes extérieures à celle-ci. Axel Lévi affirme toutefois n’avoir jamais agressé, violé ou exercé de pression sur les personnes concernées.Il assure également que toutes les informations diffusées à son sujet ne sont pas exactes. Certaines seraient, selon lui, vraies, d’autres fausses ou incomplètes.
Le pasteur annonce des démarches judiciaires contre les propos qu’il estime diffamatoires, les faux témoignages et le cyberharcèlement.Il prend par ailleurs la défense du prophète Jonathan Gambela, dont le nom a circulé dans l’affaire, affirmant que celui-ci n’aurait « absolument rien à voir » avec les faits qu’il reconnaît.
MFD met fin à ses responsabilités
La crise a finalement conduit les Églises MFD à prendre des mesures contre leur fondateur. Le 27 septembre 2026, Axel Lévi a annoncé sa suspension de l’ensemble de ses fonctions. Dans un communiqué, MFD a ensuite indiqué que le pasteur et son épouse Laurine étaient destitués de toutes leurs responsabilités ministérielles, en raison de « faits très graves ».
De nouveaux pasteurs ont été désignés pour diriger les Églises du mouvement. Près de dix ans après la création de MFD, la trajectoire d’Axel Lévi se retrouve ainsi bouleversée. Celui qui avait fait de la fidélité et de l’intégrité dans le couple des thèmes majeurs de son enseignement doit désormais répondre publiquement de faits dont il reconnaît une partie, tandis que plusieurs autres accusations demeurent contestées.
M.K








