L’École de spécialités de l’Institut national de formation des agents de santé (INFAS) a organisé, jeudi 17 septembre à Treichville, la première édition de sa cérémonie de port de costume, couplée à une journée portes ouvertes.
Placée sous le thème « Engagement, excellence, mérite », la cérémonie a réuni responsables de l’institution, enseignants, auditeurs, parents et plusieurs personnalités du secteur de la santé. Une première pour l’établissement.
Avec l’aval de la direction générale, les auditeurs de la 27e promotion ont choisi d’associer la traditionnelle cérémonie de port de costume à une journée portes ouvertes destinée à faire mieux connaître l’École de spécialités et ses différentes filières.
Pour Kambou Frédéric, responsable de l’École de spécialités, cette initiative traduit « une maturité collective et un sens élevé des responsabilités » de la part des apprenants.
La 27e promotion entend ainsi inscrire son passage dans l’histoire de l’établissement en transmettant un symbole à la promotion suivante.
25 spécialités et plus de 2 700 auditeurs
Créée pour former et perfectionner des professionnels appelés à occuper des responsabilités importantes dans le système de santé ivoirien, l’École de spécialités a considérablement élargi son offre de formation.
Selon son responsable, elle compte désormais 25 spécialités, avec l’ouverture annoncée de la cancérologie à compter de l’année académique 2026-2027. Les différentes filières sont encadrées par des enseignants universitaires de rang A, appuyés par leurs assistants et par les enseignants permanents de l’INFAS.

L’établissement compte actuellement 31 enseignants permanents et environ 300 enseignants vacataires. Pour l’année académique en cours, l’effectif global atteint 2 723 auditeurs, dont 1 240 en première année et 1 483 en deuxième année. À eux seuls, les inspecteurs de soins infirmiers et les ingénieurs des services de santé représentent 123 apprenants, répartis entre 51 étudiants en première année et 72 en deuxième année.
Depuis 2018, ces formations sont notamment développées en partenariat avec des universités, dont l’Université Félix-Houphouët-Boigny.
« Le costume ne donne aucun pouvoir, mais une dette »
Prenant la parole en qualité de marraine de la cérémonie, la directrice générale de l’INFAS, la professeure Méliane N’Dathz Ebagnitchié épouse Sanogo, a insisté sur la portée symbolique de cette tenue.
« Aujourd’hui n’est pas un simple jour de costume ou un simple jour d’uniforme. C’est un jour d’engagement », a-t-elle déclaré, appelant les auditeurs à comprendre que le vêtement constitue avant tout un rappel des responsabilités qui les attendent.
Pour la directrice générale, les futurs cadres de santé devront se distinguer à la fois par leurs capacités managériales, leurs compétences techniques et leur comportement. « Un cadre supérieur, c’est celui qui apporte de l’ordre là où il y a le désordre et la sérénité là où il y a une urgence », a-t-elle souligné.
Le costume, a-t-elle poursuivi, doit donc être perçu comme un langage professionnel. « Il vous oblige à être exemplaire, à être un modèle », a-t-elle lancé aux auditeurs de la 28e promotion, les exhortant à le porter « avec fierté » mais surtout « avec conscience ».
Le professeur Samba Mamadou appelle à placer le patient au centre
Parrain de la cérémonie, le professeur Samba Mamadou, directeur général de la Santé et vice-président du Conseil exécutif de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a, lui aussi, voulu dépasser la dimension protocolaire de l’événement.
« Un costume n’a jamais soigné un malade. Un costume n’a jamais fait baisser une fièvre », a-t-il lancé, avant de préciser que la cérémonie devait surtout célébrer ce que les futurs cadres de santé vont représenter.
Selon lui, le costume ne confère aucun pouvoir à celui qui le porte. Il constitue plutôt une « dette » envers ceux qui ont contribué à sa formation, mais aussi envers l’État et, surtout, envers les populations ivoiriennes.
Le responsable de la Santé a ainsi appelé les auditeurs à faire de l’écoute, de la compassion, du respect et de l’empathie les fondements de leur pratique professionnelle.
Dans un système de santé confronté à de profondes transformations, notamment avec l’arrivée de l’intelligence artificielle et l’évolution rapide des connaissances médicales, il estime qu’une valeur demeurera essentielle : l’humanité.« Il y a quelque chose qui ne deviendra jamais obsolète, c’est votre humanité », a-t-il insisté.
« L’excellence, c’est refuser d’être moins bon que vous pouvez devenir »
Revenant sur le thème de la cérémonie, le professeur Samba Mamadou a livré sa propre lecture des notions d’engagement, d’excellence et de mérite. L’engagement, selon lui, se mesure particulièrement dans les moments difficiles, lorsque le professionnel est fatigué mais que les patients ont encore besoin de lui.

L’excellence, elle, ne doit pas être conçue comme une compétition permanente avec les autres. « L’excellence, c’est refuser d’être moins bon que vous pouvez devenir », a-t-il expliqué.
Le parrain a également appelé les futurs cadres à faire preuve de résilience face aux frustrations et aux déconvenues qui peuvent jalonner une carrière professionnelle. Pour lui, les difficultés ne doivent pas remettre en cause l’objectif poursuivi : progresser et continuer à s’améliorer.
La 27e promotion passe le relais
La cérémonie a également été l’occasion pour la 27e promotion, à l’origine de cette initiative, de transmettre symboliquement le flambeau à la 28e promotion.
Son président, Richard Koffi, a exhorté ses cadets à faire de leur passage à l’École de spécialités une période marquée par le travail, l’expérience et l’exemplarité.Au nom de ses camarades, il a également réaffirmé l’engagement de la 27e promotion à représenter dignement l’INFAS partout où elle sera appelée à exercer.
Respect des populations, responsabilité et sens du devoir ont été placés au cœur de ce message.
À travers cette double cérémonie, l’École de spécialités entend ainsi faire du costume davantage qu’un signe vestimentaire : un rappel quotidien des exigences attachées aux métiers de la santé et aux responsabilités qui attendent les futurs cadres du système sanitaire ivoirien.
Maxime KOUADIO








