Les diplômés de l’Institut national de formation des agents de santé (INFAS) pourraient bientôt passer moins de temps entre la fin de leurs études et leur prise de fonction. Le gouvernement ivoirien prévoit de ramener ce délai à environ six mois à partir de 2027, avant d’évoluer, à moyen terme, vers une affectation systématique dès l’obtention du diplôme.
L’annonce a été faite mardi 13 octobre, à Yamoussoukro, lors de la clôture d’un atelier consacré à l’évaluation de la première cohorte du stage pré-emploi de qualification. Cette rencontre, organisée les 12 et 13 octobre, a rassemblé les responsables de l’INFAS, des représentants du ministère de la Santé ainsi que des partenaires techniques et financiers.
Jusqu’à présent, les nouveaux diplômés de l’institut devaient souvent patienter au moins un an avant de rejoindre leur poste dans le cadre de la Fonction publique. Une période d’inactivité qui peut fragiliser les acquis d’une formation de plusieurs années et retarder l’entrée effective des professionnels dans le système sanitaire.
Pour remédier à cette situation, les autorités ont engagé une réflexion sur les modalités d’affectation des agents de santé fraîchement diplômés.
Selon Maxime Kakou, représentant du secrétariat technique du C2D, des concertations interministérielles menées depuis 2025 ont permis d’envisager une réduction progressive de cette attente.« Vers l’année prochaine (2027), il y aura une forte réduction de la période d’attente entre la période du diplôme et la période d’affectation. Nous passerons, je pense, environ six mois », a-t-il déclaré. Il a également évoqué l’ambition de parvenir, en collaboration avec le ministère des Finances et du Budget, à une affectation systématique dès la sortie de formation.
Le stage pré-emploi, une réponse transitoire
En attendant cette évolution, le stage pré-emploi sert de passerelle entre la formation théorique et l’exercice professionnel. Financé dans le cadre du Contrat de désendettement et de développement (C2D), avec l’appui de l’Agence française de développement (AFD) et d’Expertise France, le programme permet aux bénéficiaires de renforcer leurs compétences sur le terrain.
L’atelier de Yamoussoukro devait notamment mesurer l’efficacité de ce mécanisme et identifier les ajustements nécessaires avant son déploiement à plus grande échelle.Le bilan de la première cohorte a fait ressortir plusieurs difficultés, notamment dans l’organisation du dispositif. La communication entre les maîtres de stage, les encadrants de proximité et les superviseurs n’a pas toujours été suffisamment fluide. Les questions relatives à la prise en charge financière des stagiaires ont également été soulevées.
Pour Koné Yeboum, sous-directrice de l’École de base de l’INFAS, ces observations doivent servir à améliorer le suivi des bénéficiaires. Les recommandations formulées au cours des travaux sont ainsi appelées à guider la mise en œuvre des prochaines cohortes.8 000 bénéficiaires pour la deuxième cohorteLe programme a déjà changé d’échelle. D’après la responsable de l’INFAS, les effectifs concernés sont passés de 3 000 à 8 000 bénéficiaires pour la deuxième cohorte, soit 5 000 stagiaires supplémentaires. Ces derniers ont commencé leur stage sur le terrain depuis environ un mois.
Au-delà de l’acquisition d’une expérience professionnelle, le dispositif répond à un autre défi : la répartition des agents de santé dans les différentes régions du pays. Certaines zones, moins attractives pour les jeunes professionnels, restent confrontées à des difficultés de recrutement et de fidélisation.
L’INFAS entend donc profiter de cette période de stage pour familiariser les nouveaux diplômés avec les réalités des communautés éloignées des grands centres urbains et les encourager à y exercer. L’objectif est de contribuer à une meilleure couverture des besoins en personnel sanitaire.
La question de la rémunération au cœur des échanges
La situation financière des jeunes diplômés pendant leur période d’attente a également occupé une place importante dans les discussions. Représentant le préfet de région et du département de Yamoussoukro, la secrétaire générale de la préfecture, Claude Gervaise Djerehe, a rappelé les difficultés auxquelles certains étudiants sont confrontés au cours de leur formation, avant de devoir attendre plusieurs mois, voire davantage, pour intégrer la Fonction publique.
Elle a salué le principe d’un dispositif leur permettant de bénéficier d’une rémunération durant cette période, évoquant notamment le versement d’un montant au moins équivalent au salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG).
À la clôture des travaux, Sia Ange, directrice des Affaires financières de l’INFAS, représentant la directrice générale, le professeur Méliane N’Dathz épouse Sanogo, a insisté sur l’importance des contributions recueillies. Elle a exprimé le souhait que les recommandations issues de l’atelier se traduisent rapidement par des améliorations concrètes.
La prochaine étape consistera donc à consolider le fonctionnement du stage pré-emploi tout en préparant la réduction annoncée des délais d’affectation. Si l’échéance de six mois envisagée pour 2027 se concrétise, elle constituera une première évolution dans le parcours des diplômés de l’INFAS. L’affectation systématique dès l’obtention du diplôme demeure, elle, un objectif à moyen terme dont la réalisation dépendra des dispositions que les autorités mettront en place.
Maxime KOUADIO








