La pression monte dans le département de Bouaflé. Le préfet de région, préfet du département, Gonbagui Gueu Georges, a lancé un avertissement ferme aux chefs de village. C’était ce vendredi 18 septembre 2026, à Tibéita, lors d’une mission du Comité Départemental de Lutte contre l’Orpaillage Illégal (CDLOI). Son message a été clair et sans ambiguïté. « Si vous ne faites pas fermer les sites d’orpaillage illégal dans vos localités, votre arrêté de nomination vous sera retiré », a prévenu le préfet.
Cette mise en garde s’inscrit dans le cadre des instructions fermes données aux préfets de région lors de leur conclave des 4 et 5 septembre dernier à Yamoussoukro. Les représentants légaux de l’Etat dans toutes les régions ont reçu six mois pour mettre fin à l’orpaillage clandestin sur l’ensemble du territoire national.
Dans la sous-préfecture de Tibéita, qui compte huit villages, un seul site illégal a été recensé à ce jour, dans la localité de Baziafla. Le préfet a sommé le représentant du chef de ce village de prendre toutes les dispositions pour y mettre fin immédiatement. Une première évaluation est prévue dès la fin de ce mois de septembre.
Aux chefs, le gouverneur a demandé de jouer pleinement leur rôle de sentinelles. A savoir, empêcher l’installation de nouveaux sites, signaler toute activité suspecte, et surtout, ne pas s’engager dans des affrontements directs. « Si quelqu’un s’oppose à votre volonté, ne vous battez pas. Saisissez le sous-préfet », a-t-il conseillé.
Le préfet Gonbagui Gueu Georges a élargi la menace à toute la chaîne de complicité. Il s’agit notamment des propriétaires terriens qui louent leurs parcelles aux orpailleurs, des fournisseurs de carburant, y compris les conducteurs de motos et tricycles, des personnes qui tirent profit ou ferment les yeux sur le phénomène, etc. Il a également invité les responsables des femmes et des jeunes à dénoncer les bénéficiaires de cette activité illicite, prévenant que le silence pourrait engager leur responsabilité. Tout agent public impliqué devra être signalé.
Le préfet a toutefois appelé à la vigilance sans stigmatisation, précisant que la surveillance ne doit pas viser les agriculteurs, éleveurs, commerçants et bouviers venus d’autres régions pour exercer honnêtement leurs activités. Cette mission à Tibéita intervient deux jours après celle menée à Angovia le 16 septembre 2026, preuve que la traque contre l’orpaillage illégal s’intensifie dans la Marahoué.
Trésor Kwame, Correspondant régional








