La lutte contre l’orpaillage clandestin s’intensifie dans l’ouest de la Côte d’Ivoire. Les opérations de surveillance menées au troisième trimestre 2026 dans le Parc national de Taï et la Réserve naturelle du Cavally ont conduit à l’interpellation de 307 personnes, dont 187 orpailleurs clandestins, selon un bilan présenté jeudi 22 octobre 2026 à Guiglo par l’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR).
Les actions de surveillance engagées par l’OIPR portent leurs fruits, même si les pressions humaines sur les aires protégées demeurent préoccupantes. Au cours du troisième trimestre 2026, les opérations conduites dans le Parc national de Taï et la Réserve naturelle du Cavally ont permis d’interpeller 307 personnes, parmi lesquelles figurent 187 individus impliqués dans l’exploitation aurifère illégale.
Ces chiffres ont été communiqués à Guiglo par le colonel Richard Zouo, chargé d’études à la direction technique de l’OIPR, lors de la troisième session conjointe des comités de gestion locaux (CGL) des deux aires protégées. À cette occasion, il a présenté le bilan des activités de la direction de zone Sud-Ouest de l’institution.
Dans le détail, 183 orpailleurs clandestins ont été interpellés dans le Parc national de Taï, contre quatre dans la Réserve naturelle du Cavally. Les opérations ont également permis de saisir plusieurs équipements utilisés pour l’exploitation aurifère illégale, notamment des motopompes, des bonbonnes de gaz et deux véhicules mis sous scellés.
Au-delà des interpellations, ce bilan met en évidence la diversité des menaces qui pèsent sur ces espaces naturels de l’ouest ivoirien. Selon le colonel Richard Zouo, le Parc national de Taï est particulièrement confronté à l’orpaillage clandestin, tandis que la Réserve naturelle du Cavally subit davantage les effets du défrichement de portions de forêt.
Face à ces menaces, l’OIPR entend maintenir les opérations de surveillance et intensifier les actions de lutte contre les activités illégales. L’objectif est de préserver durablement les ressources naturelles, la biodiversité et l’intégrité écologique de ces deux aires protégées.
Le représentant de l’institution a également annoncé que des investigations étaient en cours, en collaboration avec les services judiciaires, afin d’identifier les responsables des réseaux d’exploitation aurifère clandestine opérant dans ces espaces et de les traduire devant la justice.
Le Parc national de Taï constitue l’un des principaux sanctuaires de biodiversité de Côte d’Ivoire. Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO et classé réserve de biosphère, il abrite une faune remarquable, comprenant notamment des hippopotames pygmées, des éléphants de forêt et des chimpanzés.
Créée en 2023, la Réserve naturelle du Cavally prolonge ce massif forestier et contribue à la préservation de la faune et des habitats naturels du complexe forestier Taï-Sapo.
Les résultats des opérations du troisième trimestre 2026 soulignent ainsi l’importance du dispositif de surveillance déployé par l’OIPR. Toutefois, la préservation de ces écosystèmes exceptionnels demeure tributaire de la continuité des contrôles, du démantèlement des réseaux clandestins et de la mobilisation des acteurs locaux autour de la protection du patrimoine naturel ivoirien.
Philomène AQUOUAMAH








