Les responsables du journal d’investigation L’Éléphant Déchaîné, Assalé Tiémoko Antoine, directeur général, et Stéphane Bahi, directeur de publication, ont été entendus pendant plus de douze heures, lundi 3 août, à la Préfecture de police d’Abidjan, avant d’être autorisés à regagner leur domicile.
Les deux journalistes avaient été convoqués dans le cadre d’une plainte déposée par le ministre-gouverneur du District autonome d’Abidjan. Selon les informations disponibles, cette procédure fait suite à plusieurs articles publiés par l’hebdomadaire sur les opérations de déguerpissement menées à « Koumassi Campement », un dossier qui a suscité de vives réactions.
L’audition a débuté à 10 heures et s’est achevée à 22 h 25. À son terme, aucune mesure de privation de liberté n’a été annoncée et les deux responsables du journal ont quitté les locaux de la police. Les autorités n’ont pas communiqué sur le contenu des échanges ni sur les éventuelles qualifications juridiques retenues dans le cadre de la plainte. Les suites de la procédure restent, à ce stade, inconnues.
Cette affaire intervient dans un contexte où les recours judiciaires impliquant des professionnels des médias continuent d’alimenter les débats sur les rapports entre les pouvoirs publics et la presse en Côte d’Ivoire. Si la saisine de la justice constitue une voie de droit ouverte à toute partie s’estimant lésée, les procédures engagées contre des organes de presse sont régulièrement suivies avec attention par les organisations professionnelles et les défenseurs de la liberté d’informer.
L’audition d’Assalé Tiémoko Antoine et de Stéphane Bahi marque ainsi une nouvelle étape dans le dossier sur le déguerpissement à Koumassi, ouvrant ainsi un débat sur la liberté des médias en Côte d’Ivoire.
M.K








