Après six jours de formation consacrés aux techniques d’investigation sur la corruption qui ont eu lieu du 10 au 15 aout 2026 à Yamoussoukro, Civis Côte d’Ivoire entend prolonger son accompagnement des 30 participants. L’organisation prévoit notamment un appel à propositions pour financer des projets d’enquête et la mise en place d’un réseau de mentors appelé à accompagner les participants pendant plusieurs années.
À l’issue de six jours de formation intensive, Civis Côte d’Ivoire estime avoir atteint, voire dépassé, les objectifs fixés. Pour son président, Dr Kouamé Christophe, l’engagement des participants constitue l’un des principaux enseignements de cette première cohorte.
« 6 jours de formation, c’est beaucoup mais c’est peu », estime-t-il. Mais au regard des exercices réalisés, des pré-tests et post-tests ainsi que de l’implication des participants, dont certains ont travaillé jusqu’à 20 heures, le responsable de Civis considère que les objectifs « ont été atteints et même dépassés dès le 4e et le 5e jour ».
L’enjeu, désormais, est de transformer les connaissances acquises en véritables enquêtes journalistiques.
Civis Côte d’Ivoire ne compte pas laisser les 30 participants seuls après la fin de la formation. L’organisation prévoit une deuxième phase destinée à accompagner concrètement la réalisation de projets d’investigation.
« La deuxième partie sera, après la fermeture de cette formation, de mettre sur la place, un appel à propositions pour un projet d’enquête et d’investigation anticorruption, avec une bourse conséquente en fonction du sujet », annonce Dr Kouamé Christophe.
Les participants seront ainsi invités à proposer des sujets d’enquête susceptibles de bénéficier d’un financement. L’objectif est de passer de l’apprentissage des méthodes à leur mise en pratique sur des cas réels de corruption et d’infractions connexes.
Pour les accompagner, Civis a également mobilisé des journalistes expérimentés et des experts.
« Les 30 participants sortent de cette formation avec des acquis mais ils ne seront pas seuls jusqu’au bout », souligne le président de Civis Côte d’Ivoire. Selon lui, l’accompagnement pourrait s’étendre sur « 1 an et demi et 2 ans ».
Pour Dr Kouamé Christophe, la formation des journalistes n’est toutefois qu’un élément d’une stratégie plus large. La lutte contre la corruption doit, selon lui, être menée de manière « holistique » autour de plusieurs dimensions.
La première est la connaissance des différentes formes de corruption, y compris celles qui restent moins visibles ou moins connues du public. La deuxième concerne l’éducation civique, avec l’objectif d’aider les citoyens à mieux connaître leurs droits et leurs devoirs face aux phénomènes de corruption.
Le troisième volet concerne les institutions et les mécanismes permettant d’obtenir des informations.
Cette dimension a notamment été mise en évidence durant les exercices pratiques de la formation. Certains participants ne savaient pas toujours vers quelle institution se tourner pour obtenir une information.
« Nous avons fait connaissance de toutes les institutions de lutte contre la corruption et de toutes les lois qui pouvaient aider ces apprenants », explique le président de Civis.
Pour lui, les journalistes disposent désormais de trois éléments essentiels : des connaissances, des institutions vers lesquelles se tourner et des mentors capables de les accompagner dans leurs démarches.
L’objectif final est de faire émerger une nouvelle génération de journalistes capables de contribuer au recul de la corruption en Côte d’Ivoire.
Une deuxième cohorte pourrait également voir le jour, mais pas nécessairement sous la même forme. Après avoir abordé les fondamentaux de l’enquête anticorruption, l’OSINT, le fact-checking et les différentes méthodes du journalisme d’investigation, Civis envisage désormais des formations davantage spécialisées.
Parmi les pistes évoquées figurent notamment les marchés publics et la commande publique, mais également le secteur minier.
« Mettre un point focal sur les marchés publics, par exemple la commande publique, mettre un point focal sur les mines », propose Dr Kouamé Christophe.
Ces thématiques pourraient faire l’objet de futurs projets, après concertation avec les participants, les mentors et les différents acteurs impliqués dans le programme.
L’ambition affichée est donc de dépasser le cadre d’une formation ponctuelle pour construire progressivement un écosystème de journalistes spécialisés dans les enquêtes sur la corruption.
Pour Civis Côte d’Ivoire, les 30 participants de cette première cohorte constituent ainsi un premier noyau appelé à poursuivre le travail sur le terrain, avec des moyens financiers, un encadrement professionnel et des outils d’investigation adaptés. GZ








