Les mélomanes friands d’afrobeat seront bientôt servis. Les 4 et 6 décembre 2026, le Nigérian Seun Kuti sera en concert respectivement à l’Institut français de Côte d’Ivoire à 20h et au Palais de la Culture d’Abidjan à 20h.
Ces deux grands rendez-vous de l’afrobeat est l’initiative de One Prod Arts, structure de production du tourneur Jeetys Bridji, avec une volonté affichée de proposer au public ivoirien une rencontre avec un artiste dont le nom est indissociable de l’une des plus grandes révolutions musicales venues du continent africain. Car derrière Seun Kuti, il y a évidemment une histoire.
Celle de Fela Anikulapo-Kuti, son père, disparu en 1997, mais dont l’influence continue de traverser les générations. Seun n’a pourtant jamais choisi de vivre uniquement dans l’ombre de cet héritage.
À la tête d’Egypt 80, l’orchestre historique de Fela, il entretient la mémoire de l’afrobeat tout en poursuivant son évolution, avec une personnalité musicale et un discours qui lui appartiennent pleinement.
Chez Oluseun Anikulapo Kuti, dit Seun Kuti, le plus jeune fils, 43 ans, de Fela Kuti, la transmission n’est donc pas une simple affaire de fidélité familiale. Elle est une manière de prolonger une pensée.
L’afrobeat de Seun Kuti conserve les longues constructions rythmiques, les puissantes sections de cuivres et cette énergie presque hypnotique qui ont fait la singularité du genre, mais il les met au service d’une expression contemporaine, souvent mordante et profondément engagée.
Corruption, abus de pouvoir, inégalités sociales, manipulation de l’information ou encore rapports de domination : ses textes n’évitent pas les sujets qui dérangent et font de la scène un espace où la musique devient également un moyen d’interpellation.
C’est cette combinaison entre puissance musicale et conscience politique qui constitue sans doute l’une des grandes particularités de ses prestations. Sur scène, Egypt 80 n’est pas simplement un accompagnement. L’orchestre constitue le cœur battant du spectacle, porté par les cuivres, les percussions et les rythmes complexes qui donnent à l’afrobeat toute sa dimension physique. Seun Kuti, lui, occupe l’espace avec une présence scénique qui transforme progressivement le concert en véritable expérience collective. Et les Ivoiriens auront la chance de danser à son rythme de l’afrobeat made in Seun Kuti, en fin d’année.
Philomène Aquouamah








