Vingt-quatre ans après la disparition du général Robert Guéi, sa fille Mireille Guéi a rendu hommage à son père, ce samedi 19 septembre, à travers une publication consacrée à sa mémoire.
L’ancienne figure militaire et président de la République de Côte d’Ivoire avait été tuée le 19 septembre 2002, au déclenchement de la rébellion.
Dans son message, Mireille Guéi revient sur les années écoulées depuis la disparition de son père et sur la place de celui-ci dans l’histoire récente de la Côte d’Ivoire.
« Le temps passe, les générations se renouvellent, les blessures cherchent peu à peu à s’apaiser », écrit-elle, tout en soulignant que certaines absences restent profondément ancrées dans la mémoire collective.
Pour la fille du général, commémorer Robert Guéi revient à se souvenir à la fois du père, de l’homme en uniforme, du chef militaire et de l’acteur d’une période particulièrement complexe de l’histoire ivoirienne. Elle insiste toutefois sur la nécessité de regarder ce passé avec lucidité.
« L’histoire d’une nation n’est jamais faite de récits simples », estime-t-elle, évoquant un passé marqué par « le courage et les fragilités, les espérances et les désillusions », mais aussi par des décisions individuelles et des responsabilités collectives.
Au-delà des circonstances de la disparition de son père, Mireille Guéi dit vouloir retenir les valeurs qu’elle lui associe : le sens du devoir, la loyauté, le courage, l’amour de la patrie et le respect de la dignité humaine.
Son message insiste surtout sur la nécessité de faire du souvenir un instrument de transmission plutôt que de division. « Le devoir de mémoire ne doit pas être un devoir de rancœur », écrit-elle, appelant à tirer les enseignements du passé afin de préserver la paix, le dialogue, la fraternité et le respect de la vie humaine.
Mireille Guéi plaide ainsi pour une mémoire assumée, mais débarrassée de la haine. « Le plus bel hommage que nous puissions te rendre aujourd’hui est de préserver ta mémoire sans haine, de raconter notre histoire avec vérité et de transmettre aux jeunes générations les leçons de notre passé », écrit-elle.
Vingt-quatre ans après la disparition du général Robert Guéi, sa fille conclut son hommage par un appel à la paix et à la réconciliation. Elle souhaite que la mémoire de son père continue d’interroger le sens du devoir, du patriotisme et de la responsabilité collective.« Que le temps apaise les douleurs. Que la vérité éclaire l’histoire. Que la mémoire demeure vivante sans nourrir la haine », écrit-elle, avant de s’adresser une dernière fois à son père : « Repose en paix, Général. Repose en paix, Papa. »








