La bataille pour sauver les forêts classées de Côte d’Ivoire vient de gagner en intensité. Ce jeudi 1er octobre 2026, au siège de la Société de Développement des Forêts (SODEFOR) à Abidjan, le ministre des Eaux et Forêts, Jacques Assahoré Konan, a remis aux services placés sous sa tutelle une importante dotation en matériel roulant et équipements techniques destinés à muscler la surveillance du patrimoine forestier ivoirien.
Au total, 390 équipements stratégiques ont été officiellement remis aux agents : 145 motos, 140 casques, 31 tricycles, 14 véhicules tout-terrain et 60 appareils GPS. L’objectif est d’améliorer la mobilité, la géolocalisation des patrouilles et la rapidité d’intervention des équipes sur le terrain, notamment dans la lutte contre la déforestation, l’exploitation forestière clandestine et l’orpaillage illégal.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte de durcissement de la riposte étatique contre l’orpaillage clandestin, qui a déjà donné lieu à plusieurs opérations de démantèlement de sites illégaux ces derniers mois, sous l’impulsion du même ministère.
« De meilleurs moyens, mais plus de rigueur »
Dans son allocution, le ministre Assahoré Konan a insisté sur le lien entre moyens renforcés et exigences accrues. Offrir de meilleures conditions de travail aux agents implique, en contrepartie, une rigueur professionnelle exemplaire et un usage responsable du matériel.
Il a exhorté les bénéficiaires à intensifier les patrouilles dans les forêts classées, à renforcer la collaboration avec les Forces de Défense et de Sécurité et à faire de la performance un critère central dans l’évaluation des responsables forestiers.
Sensible aux réalités du terrain, le ministre a également donné des instructions fermes à la Direction générale de la SODEFOR pour qu’une attention particulière soit accordée aux préoccupations du personnel : conditions de travail, évolution de carrière et protection sociale, dans le strict respect des textes régissant l’institution.
Du côté de la SODEFOR, le Directeur général, le Conservateur général Bréhima Coulibaly, a exprimé sa gratitude à la tutelle et réaffirmé l’engagement des équipes à gérer rigoureusement ces nouveaux moyens au service d’une préservation durable des forêts ivoiriennes.
Avec cette montée en puissance logistique, l’État semble avoir choisi son camp : celui d’une protection active et opérationnelle de ses forêts. Reste maintenant à voir si, sur le terrain, les motos et les GPS se traduiront par moins de sites d’orpaillage clandestin et plus de forêts debout.
François M’BRA II








