Réunis les 4 et 5 septembre 2026, à l’Hôtel Président de Yamoussoukro, à l’initiative du Secrétariat Exécutif du Conseil National de Sécurité [CNS] en liaison avec le Ministère de l’Intérieur et le Ministère des Mines, les acteurs de la lutte contre l’orpaillage illégal ont arrêté des recommandations très fortes. A l’issue des travaux, les préfets de région se sont engagés à éradiquer l’orpaillage illégal dans un délai de six (06) mois dans leurs circonscriptions. Pour y parvenir, ‘’10 actions prioritaires’’ articulées autour de 3 axes ont été adoptées.
AXE 1 : RENSEIGNEMENT, ALERTE ET SURVEILLANCE
Recommandation 1 : Réaliser et transmettre systématiquement la cartographie des sites légaux et illégaux ainsi que les fichiers biométriques de tous les acteurs : orpailleurs illégaux, commerçants, financiers, etc., au CNS et aux autorités préfectorales.
Recommandation 2 :
Redynamiser les Comités Départementaux de Sécurité [CDS] et les Cellules Civilo-Militaires [CCL] en y intégrant tous les acteurs de la lutte, avec des réunions hebdomadaires obligatoires pour sensibiliser les populations et guider l’action des préfets.
Recommandation 3 :
Étendre le dispositif d’alerte et de veille à l’ensemble des autorités préfectorales en instaurant un numéro unique de signalement accessible à tous.
AXE 2 : COORDINATION ET GOUVERNANCE
Recommandation 4 :
Consolider la présence du Groupement Spécial de Lutte contre l’Orpaillage Illégal [GS-LOI]. On passe de 4 à 8 brigades opérationnelles déployées dans les 8 régions les plus impactées : Worodougou, Iffou, Nawa, Bafing [Bakoué], Moronou, Sud-Comoé, Bounkani et Hambol, pour réduire les délais d’intervention.
Recommandation 5 :
Concevoir et planifier les opérations par les préfets eux-mêmes, avec les forces locales et le soutien du GS-LOI si nécessaire. Le préfet devient le coordinateur opérationnel sur le terrain.
Recommandation 6 :
Créer et déployer 21 pelotons de Sécurité Fluviale [PSF] du GS-LOI afin d’assurer une surveillance permanente des quatre grands fleuves du pays et leurs affluents, dans un délai maximum de 2 mois.
Recommandation 7 :
Accompagner la réhabilitation et la restauration des sites impactés à travers le programme TIMO.
Recommandation 8 :
Renforcer la coopération avec le Libéria, le Mali et le Ghana pour des initiatives conjointes contre la pollution des cours d’eau partagés.
AXE 3 : SANCTIONS
Recommandation 9 :
Soumettre au Conseil des Ministres des projets de loi pour aggraver les peines : confiscation de tous les biens des personnes condamnées et expulsion systématique de toutes les personnes de nationalité étrangère impliquées.
Recommandation 10 :
Ériger en infraction pénale autonome toutes les formes de participation. Désormais, sera puni celui qui : bénéficie en connaissance de cause des revenus de l’orpaillage illégal, procure du matériel ou de l’argent, ou met à disposition un site. Un programme de communication massif va déconstruire le narratif pro-orpaillage.
« L’éradication de l’orpaillage illégal ne peut résulter du seul déguerpissement des sites. Elle exige de détecter rapidement, neutraliser durablement, démanteler les réseaux, assécher leurs financements, sanctionner leurs commanditaires et restaurer les territoires libérés », ont indiqué les participants.
Prenant à son tour la parole le président de séance, le Secrétaire Exécutif du CNS, Fidèle Sarassoro, a été on ne peut plus clair. Aucune parcelle ne doit échapper à l’Etat. « Les recommandations ne resteront pas lettre morte. Elles seront consignées dans un plan d’action national précis, doté d’indicateurs de performance, d’échéances claires et d’un mécanisme de suivi rigoureux », a-t-il fait savoir et de conclure avec fermeté. « Notre pays ne peut tolérer que des individus ou des réseaux organisés, au mépris de nos lois, dégradent nos terres, polluent nos cours d’eau, détruisent nos forêts et compromettent l’avenir de nos enfants. En Côte d’Ivoire, aucune parcelle du territoire ne doit échapper à l’autorité de l’État, et aucune ressource nationale ne doit être exploitée au mépris de la loi », a-t-il prévenu en se tournant vers les : « Je vous invite donc à regagner vos postes avec la conviction que ce que nous avons construit ensemble ici n’est pas un simple document de plus, mais un véritable contrat opérationnel pour l’action. Nos populations attendent des résultats concrets. Nous leur devons cette détermination. »
Jean Noël ASSOUMOU








