En l’espace d’un mois, le vice-Premier ministre, ministre de la Défense, a été chargé à deux reprises de représenter Alassane Ouattara à l’étranger. Après Libreville, où il s’était rendu en août pour représenter le chef de l’État aux festivités marquant l’indépendance du Gabon, il est cette fois à Paris pour le Sommet spatial international. Une succession de missions qui alimente les interrogations sur son rôle dans le dispositif présidentiel et sur les scénarios de l’après-Ouattara.
Téné Birahima Ouattara est de nouveau envoyé par Alassane Ouattara à l’étranger. Le vice-Premier ministre, ministre de la Défense, représente le chef de l’État ivoirien les 9 et 10 septembre à Paris, à l’occasion du Sommet spatial international.Cette nouvelle mission intervient quelques semaines seulement après son déplacement au Gabon.
En août dernier, le frère cadet du président ivoirien avait représenté Alassane Ouattara à Libreville lors des festivités marquant l’indépendance du Gabon. Deux représentations présidentielles en l’espace d’un mois, dans deux cadres internationaux différents. Une séquence qui donne une visibilité particulière à Téné Birahima Ouattara, désormais vice-Premier ministre et détenteur d’un portefeuille stratégique, celui de la Défense.
À Paris, le ministre ivoirien a profité de sa présence au Sommet spatial international pour s’entretenir avec la ministre française des Armées et des Anciens Combattants. Les discussions ont porté sur la coopération militaire entre la Côte d’Ivoire et la France.Selon Téné Birahima Ouattara, les échanges ont permis d’enregistrer des « avancées concrètes » sur plusieurs dossiers prioritaires.
Abidjan et Paris ont notamment convenu d’intensifier la formation et de renforcer les capacités opérationnelles des armées, tout en améliorant leur coordination face aux défis sécuritaires régionaux.Les deux parties ont également progressé sur la modernisation du cadre juridique de leur partenariat militaire.
Au-delà des dossiers de défense, la répétition de ces missions ne manque pas d’interroger. En août au Gabon pour les célébrations de l’indépendance, puis en septembre à Paris pour un sommet international, Téné Birahima Ouattara apparaît de plus en plus comme l’un des relais du chef de l’État dans les rendez-vous extérieurs.
Faut-il y voir simplement la conséquence de ses fonctions de vice-Premier ministre et de ministre de la Défense ? Ou ces missions traduisent-elles une confiance politique particulière du président envers son frère cadet ?
La question prend une résonance particulière dans le contexte de l’après-Ouattara. Le nom de Téné Birahima Ouattara circule en effet parmi les personnalités susceptibles d’incarner l’avenir du RHDP et, potentiellement, de porter les couleurs du parti présidentiel lors de la prochaine présidentielle.
Aucune désignation officielle n’a cependant été annoncée à ce stade. Il serait donc prématuré de considérer le vice-Premier ministre comme le candidat désigné du RHDP. Mais sa montée en responsabilité et sa visibilité croissante, y compris à l’international, nourrissent les spéculations.
La question est désormais de savoir si Téné Birahima Ouattara est appelé à jouer un rôle plus important dans la représentation du pouvoir ivoirien à l’étranger. Après Libreville et Paris, l’hypothèse d’un relais international de plus en plus régulier du président ivoirien commence à se dessiner.
À Paris, le vice-Premier ministre s’est en tout cas attaché à défendre les intérêts ivoiriens et à consolider le partenariat militaire avec la France. Une mission officielle dont la portée politique est également scrutée à Abidjan.
Car dans la perspective de la prochaine présidentielle, chaque signe compte. Et la répétition des missions confiées à Téné Birahima Ouattara pourrait bien contribuer à alimenter les interrogations sur la place qu’il occupera dans le dispositif politique ivoirien de demain.
Maxime KOUADIO








