Le colonel-major Fofié Kouakou Martin n’est plus. L’officier, qui dirigeait la 2e région militaire basée à Daloa, dans le centre-ouest de la Côte d’Ivoire, a été retrouvé sans vie à son domicile ce dimanche matin, selon des sources proches de l’armée. Les circonstances de sa disparition restent, pour l’heure, inconnues. Aucun détail n’a également filtré sur les éventuelles causes de son décès. Au moment où nous publions, ni l’état-major général des armées ni le ministère de la Défense n’avaient encore rendu public un communiqué officiel.
Âgé de 58 ans, Fofié Kouakou Martin occupait depuis plusieurs années une place importante dans la hiérarchie militaire ivoirienne. Le colonel-major avait pris part au défilé militaire organisé le 7 août à Yopougon. Le parcours de Fofié Kouakou Martin est intimement lié aux différentes séquences qui ont marqué l’histoire militaire récente de la Côte d’Ivoire.
Originaire de Bondoukou, dans le nord-est du pays, où il était né en 1968, il rejoint les forces armées ivoiriennes à la fin des années 1980. Il commence sa carrière au bas de l’échelle, avec le grade de caporal. Deux épisodes vont rapidement contribuer à le faire connaître au sein de l’institution militaire : la mutinerie de jeunes soldats en 1990, puis les événements de décembre 1999 qui conduisent le Général Robert Guéï au pouvoir.
Mais c’est surtout la crise politico-militaire déclenchée en septembre 2002 qui va donner une nouvelle dimension à sa trajectoire. Fofié Kouakou Martin rejoint alors le Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI), devenu par la suite les Forces nouvelles dirigées par Guillaume Soro.
Il prend progressivement du galon au sein de l’ancienne rébellion et devient l’un des principaux responsables militaires de la zone de Korhogo, dans le nord du pays. Pendant plusieurs années, il exerce son influence dans cette région aux côtés de figures devenues emblématiques de la rébellion, parmi lesquelles Issiaka Ouattara, dit Wattao, Chérif Ousmane, Zakaria Koné et Morou Ouattara.
La fin de la crise postélectorale de 2010-2011 ouvre une nouvelle étape dans la carrière de l’officier. En avril 2011, l’ancien président Laurent Gbagbo est placé en résidence surveillée à Korhogo. Sa sécurité est alors assurée par des éléments placés sous l’autorité de Fofié Kouakou. Quelques mois plus tard, le 3 août 2011, l’officier est désigné à la tête de la compagnie territoriale de Korhogo.
Son parcours s’inscrit ensuite dans le processus de réintégration des anciens combattants des Forces nouvelles au sein des Forces armées de Côte d’Ivoire. En janvier 2017, il rejoint Daloa en qualité de commandant en second de la 2e région militaire.
En 2018, il poursuit sa formation en intégrant l’École nationale d’administration (ENA) comme auditeur libre. En décembre 2021, il accède au grade de colonel-major, dans le cadre d’une promotion comprenant 32 officiers, dont plusieurs étaient issus de l’ancienne rébellion.
Le décès du Colonel Major, Martin Fofié Kouakou intervient quelques jours après celui d’une autre figure emblématique de l’armée ivoirienne, le Général de Division Justin Aly Dem, survenu le 31 juillet dernier.
M.K








