Réunis dimanche 30 août au parking Vegas, plusieurs responsables politiques du PDCI-RDA, parmi lesquels le vice-président Dia Houphouët et la vice-présidente N’Guessan Euphrasie, ont initié une remobilisation des militants tout en revenant sur l’un des sujets les plus sensibles du moment : le sort des personnes détenues à la suite des événements politiques de 2025.
La rencontre, présentée comme une cérémonie de remerciements et de remobilisation, avait d’abord valeur de bilan. Les responsables du PDCI-RDA ont tenu à remercier le personnel politique des neuf délégations de Yopougon ainsi que les militants pour leur participation aux activités marquant le 66e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire.
Mais derrière les remerciements, le message était également politique. N’Guessan Euphrasie a appelé les militants à ne pas céder au découragement et à prendre désormais leurs responsabilités dans la vie du parti. Dans son intervention, la vice-présidente du PDCI-RDA a rendu hommage aux figures historiques du parti, notamment Félix Houphouët-Boigny et plusieurs anciens dirigeants décédés récemment dont Philippe Cowppli-Bony, Émile Constant-Bombet et Alphonse Djédjé Mady. Pour elle, la disparition progressive de ces « sachants » ne doit pas être interprétée comme un affaiblissement du parti. Au contraire, elle estime que leur héritage impose à la nouvelle génération de prendre le relais. « Ne soyez pas tristes, chers militants, parce que la relève est assurée », a-t-elle lancé, appelant les militants à « retrousser leurs manches ».
Son objectif est clairement affiché : ramener le PDCI-RDA au pouvoir d’État. Une ambition qui passe, selon elle, par une organisation plus efficace et une mobilisation plus importante des bases militantes. C’est toutefois sur la question des détenus que le ton de N’Guessan Euphrasie s’est fait particulièrement insistant. La responsable politique a rappelé que le PDCI-RDA avait participé, de manière « républicaine », aux célébrations du 66e anniversaire de l’indépendance, dans l’attente d’un geste d’apaisement de la part du pouvoir. Elle a évoqué le discours du président Alassane Ouattara, au cours duquel celui-ci avait annoncé la libération de prisonniers de droit commun. Une formulation qui, selon elle, ne répond pas aux attentes du PDCI-RDA concernant les personnes détenues pour des raisons liées aux épisodes politiques récents. « Nous, ce qu’on veut, c’est que nos enfants soient libérés », a-t-elle déclaré devant les militants.

N’Guessan Euphrasie affirme par ailleurs que des avocats du parti ont rencontré le procureur de la République et auraient été rassurés sur l’évolution des dossiers. L’ancienne députée de Yopougon dit avoir reçu un message rassurant concernant une éventuelle libération des détenus. Selon son récit, les avocats lui auraient demandé de rester confiante, estimant que le président Alassane Ouattara, président de tous les Ivoiriens, ne laisserait pas durablement en prison ceux qu’elle considère comme des « enfants » du pays. « Je suis convaincue, devant vous tous, que nos enfants sortiront », a-t-elle affirmé.
N’Guessan Euphrasie a également évoqué l’existence de mesures et de décrets en préparation, sans toutefois en préciser le contenu ni le calendrier. Elle a également insisté sur les conséquences humaines de ces détentions, évoquant notamment les familles confrontées à la rentrée scolaire alors que certains parents ou proches se trouvent encore derrière les barreaux. Au-delà de la question des prisonniers, le message de la vice-présidente était aussi un appel à la reconstruction de la force militante du PDCI-RDA. À Yopougon, la plus grande commune d’Abidjan et la plus peuplée du pays et un important terrain politique, elle veut voir le parti retrouver sa capacité de mobilisation. « Il faut que nous soyons une force de mobilisation », a-t-elle martelé, appelant à une réorganisation des structures locales afin que les listes militantes reflètent la réalité du terrain. L’objectif est de disposer de troupes « effectives », capables de répondre rapidement aux mots d’ordre du parti et de démontrer que le PDCI-RDA demeure une force politique avec laquelle il faut compter.
N’Guessan Euphrasie a également salué l’engagement des délégués, des secrétaires généraux de section, des femmes et des jeunes de Yopougon. Elle a notamment insisté sur la discipline militante, estimant que la mobilisation observée lors des dernières activités démontre que les structures du parti restent capables de répondre aux orientations de la direction. Pour la vice-présidente, cette dynamique doit désormais se poursuivre. Le PDCI-RDA doit, selon elle, transformer cette mobilisation ponctuelle en une véritable force politique organisée. À Yopougon, le parti entend donc conjuguer deux combats : obtenir un geste en faveur des détenus et reconstruire une machine militante suffisamment puissante pour peser sur les prochaines échéances politiques.
Maxime KOUADIO








