Dans une publication diffusée vendredi, Mamadou Traoré, conseiller politique de Guillaume Soro, revient sur le parcours de l’ancien chef des Forces nouvelles et sur son rôle dans plusieurs épisodes majeurs de l’histoire politique ivoirienne.
À travers cette mise au point, il entend répondre à ceux qui estiment que Soro doit essentiellement son ascension à Ibrahim Coulibaly dit « IB » ou à Alassane Ouattara.Sur le rôle de Guillaume Soro au sein du Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI) et des Forces nouvelles, Mamadou Traoré soutient que son accession à la tête du mouvement s’explique notamment par les circonstances de la crise de 2002.
Selon lui, l’absence d’IB sur le terrain lors des moments les plus critiques aurait conduit Guillaume Soro à prendre des responsabilités. Il affirme que ce dernier était alors à la fois formateur politique du mouvement et coordinateur des opérations du 19 septembre 2002.
Mamadou Traoré soutient également que le retour d’IB et sa volonté de s’imposer à la tête des forces rebelles auraient été rejetés par plusieurs chefs de guerre. Il évoque notamment les relations difficiles qu’entretenait, selon lui, Ibrahim Coulibaly avec certains responsables militaires.
Le conseiller politique de Guillaume Soro revient, dans ce contexte, sur l’offensive de juin 2004 contre Bouaké et Korhogo. Il affirme que les troupes d’IB avaient été repoussées, ce qui aurait contribué à conforter la position de Guillaume Soro au sein des Forces nouvelles.
Une Primature obtenue sous Laurent Gbagbo
Mamadou Traoré insiste ensuite sur les conditions dans lesquelles Guillaume Soro est devenu Premier ministre.Il rappelle que l’ancien chef des Forces nouvelles a été nommé à la Primature en 2007, dans le cadre des accords de Ouagadougou, sous la présidence de Laurent Gbagbo.« Guillaume Soro a été nommé Premier ministre en 2007 par Laurent Gbagbo, et non par Alassane Ouattara », affirme-t-il.
Selon son récit, cette nomination avait suscité des réserves au sein du RDR et alimenté des tensions politiques. Mamadou Traoré établit notamment un lien avec le climat qui a précédé l’attaque contre l’avion de Guillaume Soro à Bouaké, en juin 2007.Après la crise post-électorale de 2010, Alassane Ouattara reconduit Guillaume Soro à la Primature.
Pour Mamadou Traoré, cette décision s’expliquait par le rôle stratégique joué par celui-ci dans la gestion de la crise.L’ancien Premier ministre sera ensuite porté à la présidence de l’Assemblée nationale. Une nouvelle étape de son parcours que Mamadou Traoré interprète comme une tentative de réduire son influence politique. Il estime toutefois que Guillaume Soro a réussi à s’imposer à la tête de l’institution et à conserver une place importante dans le paysage politique ivoirien.
Le rôle revendiqué dans l’accession de Ouattara au pouvoir
La troisième partie de la publication est consacrée à l’accession d’Alassane Ouattara à la présidence de la République.Mamadou Traoré estime que l’élection d’un candidat dépend également des conditions politiques et institutionnelles qui lui permettent de se présenter.
Dans ce cadre, il attribue à Guillaume Soro un rôle dans les démarches politiques et diplomatiques ayant contribué à débloquer la candidature d’Alassane Ouattara. Il rappelle notamment les difficultés qui avaient entouré la candidature de Ouattara lors de l’élection présidentielle de 2000, en référence aux décisions judiciaires prises à l’époque.
Pour Mamadou Traoré, le parcours de Guillaume Soro ne saurait donc être dissocié des transformations politiques qui ont précédé l’arrivée d’Alassane Ouattara au pouvoir.
Du G7 au RHDP
Le conseiller politique établit également un parallèle entre le G7, coalition politique constituée après les accords de Linas-Marcoussis, et le RHDP.Le G7 regroupait alors les trois mouvements composant les Forces nouvelles ainsi que quatre partis politiques de l’opposition.
Mamadou Traoré considère cette coalition comme l’une des sources d’inspiration de l’architecture politique qui conduira plus tard à la création du RHDP.Il va jusqu’à présenter Guillaume Soro comme « le véritable inspirateur » du RHDP actuel, une lecture qui relève de son appréciation du rôle joué par l’ancien chef des Forces nouvelles dans la recomposition politique ivoirienne.
À travers cette sortie, Mamadou Traoré cherche ainsi à replacer Guillaume Soro dans le récit des événements qui ont marqué la Côte d’Ivoire depuis la crise de 2002. De son rôle à la tête des Forces nouvelles à son passage à la Primature, puis à l’Assemblée nationale, il défend l’idée d’un parcours construit sur une légitimité acquise au fil des rapports de force politiques et militaires.
Le conseiller politique de Guillaume Soro appelle à ne pas réécrire cette histoire à travers des raccourcis. Son intervention intervient alors que la place de l’ancien Premier ministre dans l’histoire politique récente de la Côte d’Ivoire demeure un sujet de débat entre ses partisans et ses anciens alliés politiques.
Maxime KOUADIO








