Après le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) et d’autres formations politiques, le président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (Cojep), Charles Blé Goudé, a été reçu ce jeudi 01 er octobre par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Vagondo Diomandé, dans le cadre des consultations sur la réforme de la gouvernance électorale.
Cette rencontre intervient quelques jours après la reprise des consultations engagées par le gouvernement autour de la mise en place du futur dispositif appelé à succéder à la Commission électorale indépendante (CEI), dissoute en mai 2026.
Le 22 juin, le Premier ministre Robert Beugré Mambé avait déjà présenté aux partis politiques et aux organisations de la société civile les grandes orientations de cette réforme. À l’issue de son échange avec Vagondo Diomandé, Charles Blé Goudé a salué le principe de cette séance d’écoute, destinée à recueillir les propositions des différentes composantes politiques.
Le dirigeant du Cojep a toutefois indiqué que son parti entendait inscrire sa réflexion dans une démarche collective avec d’autres formations de l’opposition.« Nous travaillons dans un cadre commun avec les autres partis de l’opposition », a-t-il expliqué, précisant qu’un document consolidé était en cours d’élaboration. Celui-ci doit, selon lui, être remis au gouvernement au nom des différents groupements concernés.
« La boîte noire de la crise ivoirienne »
Dans son intervention, Charles Blé Goudé a surtout insisté sur la question de l’indépendance de la future institution. Pour illustrer son propos, il a utilisé la métaphore de la « boîte noire » d’un avion, destinée à permettre de comprendre les causes d’un accident afin d’éviter qu’il ne se reproduise.« Quelle est la boîte noire de la crise ivoirienne ? C’est l’organe électoral », a-t-il déclaré.
Pour le président du Cojep, le futur dispositif ne devrait pas seulement rechercher un équilibre entre les différentes forces politiques. Il doit, selon lui, garantir une indépendance suffisamment forte pour instaurer la confiance autour des scrutins.« Il nous faut un organe non pas équilibré, comme les gens ont l’habitude de le dire, mais un organe véritablement indépendant, crédible, qui puisse rassurer les Ivoiriennes », a-t-il soutenu.
La question de la composition de cette future structure sera, à ses yeux, déterminante. Charles Blé Goudé estime notamment que les critères de sélection des personnes appelées à l’animer devront faire l’objet d’une attention particulière. Ces propositions devraient figurer dans le document actuellement préparé par les partis concernés.
Éviter que l’élection ne redevienne une source de crise
Au-delà de la seule architecture institutionnelle, le leader du Cojep a replacé la réforme dans une problématique plus large : celle de la prévention des crises électorales en Côte d’Ivoire.« Nous faisons nos propositions pour que la Côte d’Ivoire ne soit pas un pays à risque électoral où les gens se tuent tous les cinq ans », a-t-il déclaré.
Charles Blé Goudé appelle ainsi à faire de l’élection un mécanisme permettant aux citoyens de choisir leurs dirigeants sur la base des projets de société présentés. « L’élection, c’est pour confier son destin à une personnalité qui a une équipe, à partir du projet de société qu’il porte et qui doit être une réponse aux préoccupations, aux besoins des populations », a-t-il ajouté.
Cette nouvelle séquence de consultations intervient alors que le gouvernement poursuit la refonte du système électoral après la dissolution de la CEI. Plusieurs formations politiques ont déjà été reçues par Vagondo Diomandé pour présenter leurs observations et propositions sur le futur mécanisme.
Le PDCI-RDA lui a notamment remis ses propositions le 28 septembre. Le débat porte désormais autant sur la structure du futur organe que sur les garanties de crédibilité, de transparence et d’indépendance qui devront entourer son fonctionnement.Aucun fichier choisi
Maxime KOUADIO








