Lors d’une interview publiée par Linfodrome, le président du Front populaire ivoirien (FPI), Affi N’Guessan, accuse le gouvernement d’être complice d’une montée des trafics, de l’or à la terre, en passant par la santé et l’éducation, qui, selon lui, livrent le pays à des intérêts privés et étrangers.
Affi N’Guessan, président du FPI, affirme sans détour que la Côte d’Ivoire est « livrée aux trafics » et dresse un tableau alarmant des secteurs, selon lui, gangrenés : orpaillage et trafic d’or, commerce illicite de pierres précieuses, cessions douteuses de terrains urbains et ruraux, corruption au sein de l’administration, trafic de médicaments et d’ordonnances, ainsi que trafics d’affectation dans l’Éducation nationale.
Ces accusations, tenues lors d’une interview réalisée par Fulbert Koffi et publiée sur la page officielle de Linfodrome, placent la gouvernance au cœur du débat et interpellent l’action de l’État.
Le président du Front populaire ivoirien dénonce en particulier le laxisme des autorités. « Tout ça s’est fait au vu et au su du gouvernement », soutient-il, estimant que l’absence de contrôle et l’inaction traduisent une incapacité à protéger les ressources nationales et les populations vulnérables. Il évoque aussi des cessions de terres à des étrangers et à des multinationales, citant des expulsions — comme à Koumassi — qui, d’après lui, favorisent l’accaparement foncier au détriment des Ivoiriens dans des conditions précaires.
Ces allégations s’inscrivent dans un contexte où l’orpaillage clandestin, les conflits fonciers et les spéculations urbaines sont déjà sources de tensions locales, de dégradation environnementale et d’insécurité.
Les accusations d’Affi relancent la question de la transparence dans les secteurs minier et foncier, tout en posant la problématique de la protection sociale : les populations expulsées ou démunies, qui n’ont pas les moyens de se reloger, sont celles qui pâtissent le plus des pratiques dénoncées.
En lançant cet avertissement public, Affi N’Guessan allume un contre-feu politique qui oblige l’État à choisir : ouvrir des enquêtes transparentes et restaurer la confiance, ou laisser persister le sentiment que la gestion des ressources et des terres se fait au détriment des plus fragiles. Comment le gouvernement réagira-t-il à ces accusations ?
François M’BRA II








