Le Trésor public ivoirien a décidé de reporter une émission prévue le 28 juillet sur le marché régional de la dette publique. Cette décision intervient alors que l’État dispose de ressources de trésorerie jugées suffisantes pour couvrir ses besoins à court terme, sans solliciter immédiatement les investisseurs de l’Union monétaire ouest-africaine (UEMOA).
A en croire Sika Finance, ce changement dans le calendrier de financement s’explique notamment par plusieurs entrées de ressources extérieures. La Côte d’Ivoire a mobilisé près de 480 milliards de FCFA auprès du Fonds monétaire international (FMI), dans le cadre de son programme économique avec l’institution. À cette enveloppe s’ajoute un appui budgétaire de la Banque mondiale, dont le décaissement serait intervenu plus tôt que la période habituellement observée en fin d’année.
Ces ressources donnent ainsi davantage de marge de manœuvre au Trésor pour assurer ses dépenses à court terme. Dans ces conditions, maintenir l’émission prévue le 28 juillet aurait conduit l’État à lever de nouveaux fonds alors qu’il dispose déjà de liquidités suffisantes.
Le choix répond également à une logique de maîtrise du coût de la dette. En reportant une émission lorsque les besoins immédiats peuvent être couverts, le Trésor évite de contracter de nouveaux emprunts et donc de supporter des charges d’intérêts supplémentaires. Il peut également adapter son calendrier de financement à l’évolution réelle de ses besoins.
Ce report ne signifie toutefois pas que la Côte d’Ivoire se détourne du marché régional. Le pays reste l’un des principaux émetteurs de dette de l’UEMOA et pourrait revenir vers les investisseurs lorsque ses besoins de financement le justifieront.
Cette décision intervient par ailleurs après une opération de gestion de la dette extérieure. Fin juin, l’État ivoirien avait procédé au rachat anticipé d’une partie de son Eurobond 2032 pour environ 88 milliards de FCFA, soit 153 millions de dollars.
Entre mobilisation de ressources extérieures, report d’une émission et rachat anticipé d’une partie de sa dette, la Côte d’Ivoire cherche ainsi à ajuster son financement à sa situation de trésorerie tout en maîtrisant le coût de son endettement.
G.Z








