Dans une publication ce lundi, Mamadou Traoré, conseiller politique de Guillaume Soro, revient sur une polémique autour du port du boubou, qu’il replace dans le contexte des années de crise politico-militaire en Côte d’Ivoire. Il revendique le rôle joué par l’ancien chef rebelle dans la défense des populations musulmanes et dénonce ce qu’il considère comme une « ironie tragique » de l’histoire.
La polémique autour du « boubou » n’est pas nouvelle dans le discours politique ivoirien. Elle vient de refaire surface dans une publication de Mamadou Traoré, conseiller politique de Guillaume Soro. Ce dernier répond aux critiques adressées à son leader sur cette tenue vestimentaire, en invitant ses détracteurs à replacer ses propos dans le contexte de la crise ivoirienne.
Pour Mamadou Traoré, ceux qui tournent aujourd’hui en dérision les anciennes déclarations de Guillaume Soro sur le boubou font preuve d’un « singulier manque de mémoire ». Il estime que cette tenue avait, à une certaine époque, une dimension politique et sécuritaire particulière.
Selon lui, Guillaume Soro évoquait alors le boubou pour dénoncer une période durant laquelle le simple fait de porter cette tenue pouvait, dans certains contextes, attirer suspicion et contrôles. Le conseiller politique rattache cette situation au climat politique marqué par l’ivoirité, qui avait profondément divisé la société ivoirienne.
Dans son argumentaire, Mamadou Traoré oppose cette période à la situation actuelle. Il souligne que les musulmans peuvent désormais porter le boubou dans l’espace public et se rendre dans les mosquées sans, selon lui, craindre les mêmes formes de stigmatisation.
Pour le proche de Guillaume Soro, cette évolution est directement liée au combat politique et militaire mené par l’ancien secrétaire général des Forces nouvelles durant la crise.
« Sur ce chapitre précis, le combat mené par Guillaume Soro à la tête de la rébellion a atteint son objectif », soutient-il, estimant que celui-ci visait notamment à garantir la sécurité et la dignité de l’ensemble des citoyens, indépendamment de leur appartenance religieuse.
Mamadou Traoré insiste également sur la confession chrétienne de Guillaume Soro. À ses yeux, le fait que celui-ci ait défendu les droits de populations majoritairement musulmanes constitue précisément l’un des éléments dont il peut être fier.
À travers cette sortie, le conseiller politique réhabilite donc la lecture que son camp fait de la rébellion armée déclenchée en 2002. Une période qui demeure pourtant l’un des épisodes les plus douloureux de l’histoire récente de la Côte d’Ivoire, ayant entraîné plusieurs années de division du pays et de lourdes pertes humaines.
Mamadou Traoré revendique néanmoins une partie des acquis qu’il associe à cette lutte, notamment en matière de sécurité et de reconnaissance de la dignité des populations du Nord et des musulmans.
Son message se termine sur une note plus politique. Il affirme que Guillaume Soro ne nourrit « aucun complexe » concernant son engagement passé, mais plutôt la conviction d’avoir accompli un devoir envers la nation.
Le seul regret qu’il lui attribue serait de voir « certaines victimes d’hier » devenir, à leur tour, « des bourreaux d’aujourd’hui ». Une formule qui, au-delà de la polémique vestimentaire, traduit la volonté du camp Soro de réinterroger les responsabilités et les rapports de force issus des années de crise.
Maxime KOUADIO








