L’ex-député de Cocody, Yasmina Ouégnin se préoccupe de la représentativité des femmes dans la vie politique en Côte d’Ivoire. Prenant part au panel inaugural d’un colloque national ouvert le samedi 1er août 2026 avec pour thème ‘’De la marche de Grand-Bassam à la parité, consolider la place de la femme dans la décision politique’’, la bouillante parlementaire qui a marqué l’hémicycle ivoirien pendant deux mandatures, a déploré le désintérêt des jeunes filles pour la politique dans son pays. Celle qui a été deux fois de suite, pendant deux mandats parlementaires, la plus jeune députée à l’Assemblée nationale, a choisi de tirer la sonnette d’alarme sur l’absence des femmes, ou du moins leurs sous-représentativité dans l’arène politique ivoirienne.
Panéliste avec d’autres figures marquantes de la scène en Côte d’Ivoire, Yasmina Ouégnin a invité ses paires à faire le constat que les jeunes femmes sont absentes de la politique, spécifiquement celles de moins de 35 ans. Pour elle pourtant, c’est bien plus tôt que la gent féminine, à l’image des hommes, devrait s’initier à la chose politique. L’ancienne élu de Cocody invite, en effet, à ne pas limiter l’engagement politique aux seuls postes électifs, mais au combat à mener pour impacter la vie de la nation. « La politique ne veut pas dire forcément être élu. Souvent, on connait le nom du maire, mais on ne connaît pas les noms des gens qui sont dans le Conseil municipal. On connaît les responsables de grands partis politiques ou celui du Secrétaire général, mais on ne connaît pas les responsables de sections ou de départements. Ce sont des nominations. Mais, il faut que des jeunes femmes de moins de 35 ans puissent commencer à aller dans la politique. C’est un signal d’alarme », s’inquiète la benjamine des législatures 2011 – 2016, et 2016 – 2021. Si dès aujourd’hui nous ne préparons pas la génération qui va venir après pour être parmi les femmes qui seront élues ou nommées en 2030, 2035, 2024, nous risquons de voir qu’un jour, même le droit de vote des femmes, les gens l’ont annulé. Parce qu’il n’y aura pas eu de transmission, ni de renouvellement, et personne ne pourra aller parler pour nous. « Donc, si on doit avoir peur d’une chose, c’est que les femmes ne fassent pas de la politique », souligne-t-elle pour dissuader ses congénères de regarder les hommes comme les adversaires éventuellement.

La députée de Yopougon, Angèle Gueu, soutient cette thèse. Elle pour qui le véritable adversaire de la femme reste la femme elle-même. « Ils nous appartient, à nous les femmes, de nous organiser. Parce que nous lançons la pierre aux hommes, mais nous ne sommes pas prêtes pour nous-mêmes. Ce sont les femmes qui combattent plus les femmes. Les hommes sont prêts à nous donner notre place. Ne regardons pas les hommes, ne les fixons pas dans le visage. Mettons-nous au travail, et nous parviendrons à prendre nos places ».
La célèbre journaliste, Agnès Kraidy, Reine de la localité d’Ebra, elle, interroge sur ce que l’ont fait de toutes les dispositions en matière d’égalité dont s’est dotée la Côte d’Ivoire. « Nous sommes une République dans laquelle on nous dit que tous les citoyens sont égaux en dépit des différences de sexes, ou du statut social. Notre Constitution proclame l’égalité de toutes et de tous à tous les niveaux. Il est interdit de discriminer un citoyen pour ses origines sociaux, pour sa race, pour sa langue, pour sa région, pour sa religion, pour sa situation physique, pour son sexe. D’où vient-il que malgré tout, 66 ans après, moi je me sens discriminée en tant que femme ? », questionne sa majesté Agnès Kraidy, Conseillère technique au ministère de la Communication. Avant d’inviter les femmes à ne pas compter sur les partis politiques pour espérer l’égalité. « Les partis politiques ne défendent pas notre cause. Qu’il soit de gauche, du centre, libéral ou de droite. Ils ont tous les mêmes habitudes ». Celles qui consiste à confiner les femmes dans des rôles secondaires. C’est pourquoi, à l’image des femmes de Grand-Bassam qui se sont levées contre le pouvoir du colon qui écrase, elle appelle ses contemporaines à se lever. « Nous sommes en 2026. Le pouvoir ne se donne pas. Il faut aller l’arracher », lance-t-elle à l’endroit des femmes pour établir ensemble l’égalité proclamée avec les hommes.

Faut-il le souligner, ce panel intitulé ‘’Femme et politique’’ s’inscrit dans le cadre de la Semaine nationale de célébration des femmes bâtisseuses de la nation ivoirienne initiée par la présidente de Femmes ivoiriennes en politique’’, Rebecca Yao. Cette semaine, qui se tient dans la mouvance de la célébration des 66 ans de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, est dominée par le colloque prévu les 1er, 3 et 4 août à Abidjan Yopougon, commune choisie pour abriter les festivités du 7 août 2026. Ce colloque porte sur la thématique générale : « 66 ans d’indépendance de la Côte d’Ivoire : Quels acquis pour les femmes et quelles perspectives pour Demain ? ».
J.P. N’GORAN








