Dans un hommage publié mercredi 21 octobre, Ahoua Don Mélo revient sur les divergences idéologiques et les choix politiques qui l’ont opposé à l’ancien cadre du Front populaire ivoirien (FPI), décédé récemment. De l’alliance entre le FPI et le RDR à la rébellion armée, il retrace le parcours d’un homme qu’il décrit comme profondément attaché à ses convictions.
Les désaccords politiques n’effacent pas toujours le respect que l’on peut porter à un adversaire. Ahoua Don Mélo en a fait la démonstration dans un témoignage consacré à Louis André Dacoury-Tabley.
Dans cette publication, le candidat malheureux à l’élection présidentielle d’octobre 2025 livre sa lecture du parcours de cet ancien camarade politique, avec lequel il a entretenu des relations marquées par de profondes divergences.
« Nous ne nous sommes pas ménagés. Nos désaccords ont été profonds, souvent publics, parfois douloureux », reconnaît-il d’emblée. Loin de chercher à gommer ces oppositions, l’ancien responsable politique du FPI entend rendre hommage à une personnalité dont il retient avant tout la force de caractère et la fidélité à ses convictions.
L’alliance FPI-RDR, premier point de rupture
Dans son témoignage, Ahoua Don Mélo situe leurs premiers affrontements idéologiques dans la période qui a suivi la chute du mur de Berlin. Louis André Dacoury-Tabley défendait alors, selon lui, la conviction que « les idéologies sont mortes ». Une lecture que son ancien camarade n’a jamais partagée. Cette divergence aurait constitué le fil conducteur de leurs désaccords ultérieurs.
Don Mélo présente notamment Dacoury-Tabley comme l’un des principaux artisans de l’alliance entre le Front populaire ivoirien de Laurent Gbagbo et le Rassemblement des républicains (RDR), une orientation à laquelle il s’était opposé. Cette alliance avait contribué à l’éloigner du FPI.
Paradoxalement, la rupture de cette même alliance, qu’il approuvait, l’a ensuite rapproché du parti, tandis que Louis André Dacoury-Tabley s’en éloignait.
Ahoua Don Mélo met en lumière les lignes de fracture qui ont traversé la gauche ivoirienne et modifié les trajectoires de plusieurs de ses figures.
Du boycott de 1995 à la rébellion
Les divergences entre les deux hommes ne se limitaient pas à la stratégie d’alliance. Ahoua Don Mélo revient également sur le boycott actif des élections de 1995, auquel Louis André Dacoury-Tabley aurait contribué. À cette époque, Don Mélo affirme s’être opposé à cette stratégie en sa qualité de président du Comité de contrôle, fonction dans laquelle il se considérait comme le gardien de la ligne de lutte pacifique. Leurs chemins politiques ont ensuite continué de diverger.
Selon son témoignage, Louis André Dacoury-Tabley a choisi la rébellion avant de s’installer durablement à droite de l’échiquier politique. Des orientations que Don Mélo dit n’avoir jamais partagées.
Ce parcours illustre, à ses yeux, la constance d’un homme qui n’hésitait pas à prendre des décisions controversées au nom de ses convictions, quitte à rompre avec d’anciens compagnons de lutte.
Un hommage sans renier les désaccords
Malgré ces divergences, Ahoua Don Mélo refuse de réduire la mémoire de Louis André Dacoury-Tabley à leurs affrontements politiques. Il salue la personnalité d’un homme qui, selon lui, ne se déterminait pas par facilité ou par intérêt.« Il fut un adversaire qui ne trichait pas avec ses convictions », écrit-il, estimant qu’il est possible de reconnaître la force de caractère d’un opposant sans adhérer à ses choix.
L’ ancien cadre du PPACI termine son message en adressant ses condoléances à la famille du défunt, à ses proches ainsi qu’à ses compagnons issus de différents camps politiques.
Au-delà des divergences qui ont jalonné leur histoire commune, son hommage rappelle les fractures et les recompositions qui ont marqué la vie politique ivoirienne, du FPI à l’alliance avec le RDR, jusqu’à la rébellion armée.« Que Louis Dacoury Tabley repose en paix », conclut-il.
Maxime KOUADIO








