Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement rend hommage à l’ancien ministre-gouverneur du Gôh-Djiboua, décédé le 17 octobre 2026. Il retient le parcours d’un acteur majeur de l’histoire politique ivoirienne, marqué par ses convictions et ses ruptures successives.
La disparition de Louis-André Dacoury-Tabley continue de susciter des hommages en Côte d’Ivoire. Dans une publication diffusée ce mardi 20 octobre, Amadou Coulibaly, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, a salué la mémoire de l’ancien ministre-gouverneur du district du Gôh-Djiboua, décédé trois jours plus tôt.
Pour le porte-parole du gouvernement, la Côte d’Ivoire perd l’une des figures marquantes de son histoire politique contemporaine. Il décrit un homme qui aura traversé plus de quatre décennies de vie politique, en s’imposant notamment comme un acteur du multipartisme et des négociations politiques.
Du Front populaire ivoirien aux accords de Ouagadougou
Dans son hommage, Amadou Coulibaly revient sur le rôle de Louis-André Dacoury-Tabley au sein du Front populaire ivoirien (FPI), dont il fut l’un des membres fondateurs. Il rappelle également son engagement dans la lutte pour le pluralisme politique, ainsi que sa participation au boycott actif de l’élection présidentielle de 1995.
L’ancien ministre est aussi associé aux négociations qui ont marqué la sortie de crise en Côte d’Ivoire. Selon Amadou Coulibaly, il a compté parmi les figures des accords politiques de Ouagadougou de 2007, conclus dans le cadre du processus de sortie de crise engagé après la rébellion de septembre 2002.
Son parcours a ensuite pris une nouvelle dimension institutionnelle avec sa nomination au poste de ministre-gouverneur du district du Gôh-Djiboua. Une fonction dans laquelle, selon le porte-parole du gouvernement, il a continué de servir le pays avec rigueur et intégrité.
Un homme de convictions, marqué par les crises ivoiriennes
Au-delà de ses responsabilités politiques, Amadou Coulibaly insiste sur l’indépendance d’esprit de celui qu’il surnommait « Dak ». Il souligne sa propension à quitter les organisations auxquelles il appartenait lorsque leurs orientations lui semblaient s’éloigner des principes qui avaient motivé son engagement.
Le ministre évoque également une épreuve personnelle qui a profondément marqué l’ancien responsable politique : l’enlèvement et l’assassinat de son frère, le médecin Benoît Dacoury-Tabley, en novembre 2002, dans le contexte des événements liés à la rébellion. Cette tragédie familiale, rappelle-t-il, s’inscrit dans une période particulièrement douloureuse de l’histoire nationale, alors que les divisions politiques et militaires bouleversaient le pays.
Le souvenir d’un mentor
Amadou Coulibaly évoque aussi les échanges qu’il a eus avec le défunt à l’hôtel du Golf, où les deux hommes avaient l’habitude de discuter lorsque l’occasion se présentait. Il garde le souvenir d’un interlocuteur expérimenté, doté d’une connaissance approfondie des réalités politiques africaines, malgré une apparence qu’il décrit comme austère.
Le porte-parole du gouvernement rappelle par ailleurs une rencontre organisée à son cabinet le 17 octobre 2024, exactement deux ans avant la date à laquelle il situe son décès. Il explique avoir envisagé de rendre visite à l’ancien ministre-gouverneur le samedi suivant, après avoir échangé avec lui une dizaine de jours auparavant. La nouvelle de sa disparition est venue interrompre ce projet.
Pour terminer, Amadou Coulibaly présente ses condoléances à la veuve du défunt, à sa famille biologique, à ses proches politiques, au peuple du Gôh-Djiboua et à l’ensemble des Ivoiriens.« Adieu Maître ! », écrit-il, avant de souhaiter le repos éternel à celui dont il salue l’héritage politique et humain.
Maxime KOUADIO








