Le front commun noué entre le PDCI-RDA et le PPA-CI devait permettre aux deux formations d’opposition de conjuguer leurs forces. Mais l’alliance n’a finalement pas produit les effets escomptés. Dans une interview accordée à Actupeople, rendue publique ce samedi 15 août, Yohou Dia Houphouët Augustin, ancien député PDCI-RDA, livre sa lecture de cet échec et évoque une série de malentendus entre les deux camps.
L’ancien parlementaire assure s’être investi « à fond » dans cette alliance, malgré les divergences idéologiques et les cultures politiques différentes entre le PDCI-RDA et l’ancien FPI, devenu PPA-CI. Il dit même avoir essuyé des critiques dans son propre parti, certains lui reprochant de défendre davantage Laurent Gbagbo que le président du PDCI-RDA, Tidjane Thiam.
« J’y croyais sincèrement », insiste-t-il, tout en reconnaissant aujourd’hui sa déception. Pour lui, cette désillusion n’a toutefois aucun rapport avec sa non-réélection à l’Assemblée nationale. « Je suis toujours égal à moi-même », affirme-t-il, récusant l’idée d’une réaction dictée par une quelconque frustration personnelle.
Au cœur du désaccord, Yohou Dia Houphouët Augustin évoque d’abord le combat mené autour des candidatures de Laurent Gbagbo et des autres leaders politiques. Selon lui, les dossiers du PPA-CI avaient été réceptionnés par la Commission électorale indépendante (CEI) avant d’être transmis au Conseil constitutionnel, qui les a finalement rejetés.
Les deux formations avaient alors considéré cette décision comme une injustice. L’échec de cette première bataille devait, selon lui, ouvrir une nouvelle phase : celle d’une présence commune aux élections législatives, avec l’ambition de constituer un contre-pouvoir susceptible notamment de favoriser la libération de militants détenus.
C’est précisément sur ce terrain que les divergences auraient ressurgit. D’après l’ancien député, les deux partis s’étaient entendus pour aller ensemble aux élections législatives. Or, le PDCI-RDA aurait finalement été amené à faire sa propre déclaration de participation, après avoir appris que le PPA-CI envisageait également de se positionner de son côté.
« Le minimum de respect voudrait que vous soyez informé en priorité lorsqu’un changement intervient », estime Yohou Dia Houphouët Augustin.
Il juge inconcevable que les responsables du PDCI-RDA et son président apprennent par voie médiatique qu’une orientation arrêtée autour de la même table a changé. Un manque d’information qu’il considère d’autant plus problématique que le PDCI-RDA, fort de ses 80 années d’existence, ne saurait être traité comme « un petit parti ».
Pour l’ancien parlementaire, cette séquence a profondément affecté la confiance qui devait constituer le socle du front commun.
Yohou Dia Houphouët Augustin avance enfin une autre explication. Selon lui, le changement de position du PPA-CI aurait notamment été influencé par la pression exercée par des cyberactivistes proches de cette formation politique.
Sans remettre en cause son engagement initial en faveur de l’alliance, il reconnaît ainsi que les divergences idéologiques et les méthodes politiques différentes des deux formations ont fini par peser lourdement sur la dynamique du front commun.
Derrière l’échec de cette alliance, se dessine donc moins, selon lui, une rupture idéologique qu’un déficit de confiance et de coordination. Une expérience qui aura montré les limites d’un rapprochement entre deux formations d’opposition historiquement éloignées, malgré un objectif politique commun.








