Le départ annoncé d’Antoine Sehi du Front populaire ivoirien (FPI) au profit du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) provoque de vives réactions au sein de la formation politique de Pascal Affi N’Guessan. Ancien représentant du parti en France, il est désormais présenté comme une nouvelle recrue du parti au pouvoir, dans une séquence qui dépasse largement le simple changement d’étiquette politique.
L’affaire, selon le confrère connectionivoirienne.net, qui vient de l’ébruiter, a pris une tournure particulière le dimanche 16 août 2026, lors d’une rencontre réunissant des fils et filles de Kouibly. À cette occasion, le député de la circonscription, Thierry Tahou, élu sous la bannière du RHDP, a annoncé l’arrivée prochaine d’Antoine Sehi dans les rangs du parti présidentiel.
Quelques heures plus tard, la communication du RHDP a donné une dimension nationale à cette annonce en présentant l’ancien responsable du FPI en France comme une prise importante pour le parti. Une mise en avant qui n’a pas tardé à provoquer des réactions dans le camp adverse.
Le FPI réagit
Au sein du FPI, cette annonce a rapidement suscité des commentaires. Edouard Yro Gozz, représentant du parti en Scandinavie, a notamment exprimé son désaccord face à ce départ, mettant en cause les motivations de certains militants susceptibles de changer de camp.
Une position qui n’a toutefois pas fait l’unanimité. Sosthène Coulibaly, vice-président chargé notamment des questions de financement, de sponsoring et des représentations de l’Europe du Sud-Ouest, a appelé à davantage de retenue, estimant nécessaire d’attendre les explications de l’intéressé ainsi que la position officielle de la direction du parti.
La polémique s’est ensuite intensifiée avec l’intervention de Geneviève Goëtzinger, communicante du FPI. Ses propos particulièrement critiques à l’égard d’Antoine Sehi ont contribué à alimenter les échanges et les réactions sur les réseaux sociaux.
Face à cette situation, la représentation régionale du FPI a finalement décidé de mettre fin aux fonctions d’Antoine Sehi en tant que représentant du parti. Il a été remplacé par Koulin Mah, secrétaire national.
Une défection qui dépasse le cas Sehi ?
Au-delà des réactions suscitées par le départ d’Antoine Sehi, cette séquence met en lumière les enjeux liés à l’implantation des partis ivoiriens au sein de la diaspora, particulièrement en France.
Le FPI pourrait voir dans cette affaire une simple défection individuelle. Pourtant, la rapidité des réactions et l’ampleur de la polémique montrent que le départ de celui qui représentait le parti en France n’est pas politiquement anodin.
Pour le RHDP, l’arrivée annoncée d’Antoine Sehi constitue au contraire une opération symbolique. Elle intervient dans un contexte où les formations politiques cherchent à renforcer leur présence auprès des Ivoiriens de l’extérieur et à consolider leurs relais au sein des différentes communautés.
De son côté, Antoine Sehi est pour l’heure resté relativement discret sur les raisons de son choix et sur les contours exacts de son rapprochement avec le RHDP. Cette réserve laisse ouvertes plusieurs interrogations sur la suite de son engagement politique.
Reste désormais à savoir si ce changement de camp restera une affaire individuelle ou s’il pourrait annoncer d’autres mouvements au sein de la diaspora ivoirienne en France.
Au-delà du cas Antoine Sehi, c’est donc la capacité du FPI à préserver ses cadres et son influence dans la diaspora qui se trouve indirectement posée, alors que le RHDP entend manifestement tirer profit de cette nouvelle adhésion.
L’évolution de cette affaire permettra surtout de mesurer la portée réelle de ce départ et son éventuel impact sur les équilibres politiques au sein de la communauté wê et de la diaspora ivoirienne en France.
GZ








