L’ancien Premier ministre ivoirien Guillaume Soro entend donner une nouvelle orientation idéologique à son mouvement Générations et Peuples Solidaires (GPS). De son lieu d’exil, Guillaume Soro a entamé une restructuration de son mouvement. Le samedi 22 août 2026, Générations et Peuples Solidaires (GPS) a tenu sa troisième Conférence nationale d’expression citoyenne (CNEC), présentée comme l’instance souveraine du mouvement. Au cœur des travaux : la définition d’une nouvelle doctrine politique destinée à servir de boussole idéologique à la formation.
Baptisée « mériquité », cette doctrine repose, selon Guillaume Soro, sur deux notions centrales : la dette et le mérite. L’ancien chef du gouvernement ivoirien a lui-même annoncé cette nouvelle orientation dans un message adressé aux congressistes à l’issue de la rencontre. « Je suis très heureux d’avoir pu présenter la doctrine de notre mouvement », a-t-il déclaré, avant de préciser que celle-ci était fondée sur « la doctrine de la dette et du mérite ». Le dirigeant de GPS a également annoncé que la « mériquité » devenait désormais le nom de « l’école politique » de son mouvement.
Au-delà de la dimension doctrinale, la conférence devait également préciser les implications de cette nouvelle pensée sur le projet de société et la gouvernance institutionnelle défendus par GPS. Les participants ont par ailleurs procédé à une révision de l’ensemble des textes qui encadrent le fonctionnement du mouvement. Les statuts, le règlement intérieur, le code de l’adhésion ainsi que le code électoral permettant l’accès aux fonctions statutaires ont ainsi été revisités au cours de la rencontre.
Pour Guillaume Soro, l’enjeu est désormais de faire connaître cette doctrine au-delà des instances dirigeantes. Dans son message de clôture, il a invité les militants et sympathisants à « divulguer et professer » les principes de la mériquité. Cette nouvelle étape intervient alors que Guillaume Soro cherche, depuis son éloignement de la Côte d’Ivoire, à maintenir son mouvement sur l’échiquier politique national. En donnant à GPS une doctrine officiellement assumée, l’ancien président de l’Assemblée nationale entend manifestement renforcer l’identité politique de sa formation et préciser les contours de son projet.
Reste désormais à savoir comment la « mériquité », encore peu connue du grand public, sera traduite dans les propositions politiques et institutionnelles de GPS. Le mouvement devra surtout transformer ce nouveau concept en orientations concrètes susceptibles de convaincre au-delà de son cercle militant. Pour l’heure, Guillaume Soro se félicite de l’adoption de cette doctrine par la CNEC et appelle ses troupes à en assurer la promotion. Une nouvelle séquence s’ouvre ainsi pour GPS, avec la « mériquité » comme nouvelle bannière idéologique. Le hic reste que le mouvement politique de Guillaume Soro reste jusque-là sous le coup d’une dissolution suite à une décision de justice de la Cour d’Assise d’Abidjan depuis le 23 juin 2021. D’où les interdictions qui frappent ses dirigeants qui ne pourront initier des activités officielles dans le cadre de GPS pour la promotion de cette ligne doctrinale dont elle vient de se doter. Même si ces derniers temps, un vent de décrispation souffle avec la libération de certains cadres et dirigeants de ce mouvement, il n’en demeure pas moins qu’il reste frappé d’interdiction d’activité officielle sur le territoire ivoirien.
Maxime KOUADIO








