Au lendemain de l’entrée en vigueur de la nouvelle hausse des prix des carburants en Côte d’Ivoire, Fabrice Lago, alias »Steve Beko », Secrétaire national technique chargé du marketing politique du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), a remis en question la gestion gouvernementale de cette augmentation. Dans une publication intitulée « Le Bla-Bla Politique », il estime que le débat ne devrait pas se limiter au prix affiché à la pompe, mais porter sur les choix fiscaux opérés par l’État.
Selon Steve Beko, le prix du litre de super sans plomb, désormais fixé à 905 FCFA, ne reflète pas uniquement le coût du pétrole sur le marché international. Il rappelle que ce tarif résulte de plusieurs composantes, notamment le coût du produit (importation, raffinage et approvisionnement), les frais de transport, de stockage et de distribution, les marges des sociétés pétrolières et des stations-service, ainsi que les taxes et prélèvements de l’État.
Pour le responsable du PPA-CI, cette structure du prix laisse au gouvernement une marge d’action. Il soutient que les autorités peuvent, en cas de hausse des cours du pétrole, choisir de réduire certains prélèvements fiscaux afin d’atténuer l’impact sur le pouvoir d’achat des ménages, ou au contraire maintenir ces taxes et répercuter davantage la hausse sur les consommateurs.
Steve Beko prend pour référence la crise pétrolière mondiale de 2008. Il affirme qu’à cette époque, alors que le prix du baril de pétrole avait atteint près de 147 dollars, le président Laurent Gbagbo avait choisi de réduire la fiscalité sur les carburants d’environ 200 FCFA par litre afin de limiter les effets de la flambée des prix sur les populations.
Selon lui, cette décision aurait permis de préserver le pouvoir d’achat des ménages, de contenir les coûts du transport et de limiter les répercussions sur les entreprises ainsi que sur les prix des produits de première nécessité.
S’appuyant sur cette comparaison, Steve Beko s’interroge sur les choix opérés par le gouvernement actuel. Il demande si, dans le contexte de la nouvelle hausse des prix des carburants et d’une croissance économique régulièrement mise en avant par les autorités, l’État a décidé de réduire sa fiscalité pour protéger les consommateurs ou s’il a préféré maintenir ses recettes fiscales.
« C’est à cette seule question que doit répondre toute personne qui souhaite se prononcer sur cette nouvelle augmentation du prix des carburants. Le reste n’est que littérature politique », conclut-il.
Depuis le 1er août, le prix du litre de super sans plomb est fixé à 905 FCFA, contre 875 FCFA auparavant, tandis que le gasoil est passé à 725 FCFA. Les autorités expliquent cette révision par l’évolution des prix des produits pétroliers sur le marché international. Cette nouvelle augmentation continue toutefois d’alimenter le débat politique et économique autour de ses conséquences sur le coût de la vie et le pouvoir d’achat des ménages ivoiriens.
G.Z








