Konan Kouadio Siméon (KKS), président d’Initiatives pour la paix (IPP) et ancien candidat à l’élection présidentielle de 2015, s’est prononcé jeudi sur l’affaire des destructions survenues à Koumassi-Campement.
Dans une publication, il revient sur les différentes déclarations des autorités et s’interroge sur la chaîne de responsabilités dans cette opération.KKS rappelle que, le 29 juin 2026, le procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Abidjan avait annoncé l’ouverture d’une information judiciaire et le placement sous mandat de dépôt d’Alloui Brou Jacques.
Le parquet avait notamment évoqué des faits de « troubles à l’ordre public, destruction volontaire de biens d’autrui et voies de fait ». L’ancien candidat revient ensuite sur la déclaration du président de la République du 6 août. Alassane Ouattara avait alors qualifié les opérations de Koumassi-Campement de « déguerpissement hors de tout cadre légal ».
Le dossier a connu un nouveau développement le 16 septembre, avec une intervention du procureur de la République. Selon KKS, celui-ci a indiqué, à la suite des auditions menées dans le cadre de l’enquête, que l’opération avait été menée par le District autonome d’Abidjan dans le cadre du Plan ORSEC.
KKS relève également les propos du procureur concernant Ibrahim Cissé Bacongo, ministre-gouverneur du District autonome d’Abidjan, présenté comme « un membre du gouvernement, sous l’autorité du Premier ministre ».
Dans la foulée, le porte-parole du gouvernement avait déclaré que « cette action n’a pas été initiée par le gouvernement », précisant que le ministre-gouverneur ne siège pas au Conseil des ministres.
De son côté, le Conseil du District autonome d’Abidjan a apporté son soutien à Cissé Bacongo. Dans une déclaration, ses membres ont affirmé que le ministre-gouverneur avait agi « selon les orientations du Chef de l’État ».
Ces différentes prises de position constituent, selon KKS, un « imbroglio au sommet de l’État ». Il estime que les déclarations successives des différents acteurs soulèvent des interrogations sur la responsabilité de chacun dans l’opération menée à Koumassi-Campement.
Le président d’Initiatives pour la paix s’interroge également sur les conditions de préparation, de financement et d’exécution de l’opération, ainsi que sur le recours au Plan ORSEC.
KKS évoque enfin l’éventualité que le gouvernement cherche à prendre ses distances avec le ministre-gouverneur du District et à lui faire porter seul les conséquences politiques et judiciaires de l’affaire.Il présente ces interrogations comme de simples « questions citoyennes » et estime que la poursuite de la procédure permettra d’apporter des éclaircissements.
En attendant, KKS rappelle la situation des familles affectées par les destructions à Koumassi-Campement, dont certaines ont perdu leur logement. « Les jours à venir nous éclaireront », conclut-il.
Maxime KOUADIO








