Que deviennent les députés-maires du Plateau, de Cocody et de Port-Bouët dans le dispositif de Tidjane Thiam et la direction actuelle du PDCI-RDA ? La question ne fait pas débat, mais le sort de ces trois élus, à la tête des plus grosses communes que le PDCI a dans son escarcelle, susurre beaucoup de supputations dans la maison verte et blanche à Abidjan – Cocody. A en croire des indiscrétions, on ne vendrait plus de plus cher la peau de Jacques Ehouo, Jean Marc Yacé et Sylvestre Emmou pour les prochaines consultations électorales. Le motif ? Une opposition qu’ils auraient traduite au lendemain des élections législatives quand il s’est agi de proposer des noms pour la structuration de l’Assemblée nationale.
En effet, selon des recoupements concordants, les députés-maires du Plateau, de Cocody et de Port-Bouët, au cours de la concertation que les élus du PDCI ont organisé, comme à l’accoutumée, pour désigner leurs représentants dans l’hémicycle, auraient contesté le choix opéré par le président du parti Tidjane Thiam. Ce dernier a opté pour son avocat, Me Chrysostome Blessy comme Président du Groupe parlementaire, son porte-parole, Brédoumy Soumaïla à la vice-présidence de l’Assemblée nationale, et le député de Soubré, Lazare Yao Yao pour la candidature à la présidence du parlement. En face, une partie des députés avait souhaité qu’il en soit autrement en proposant d’autres noms et d’autres visages pour diversifier et tenir compte d’une certaine géographie politique. Le sujet fera l’objet de discussions âpres après lesquelles Sylvestre Emmou, Jacques Ehouo, et Jean marc Yacé – pour ne citer que ces trois, car ils seraient plus d’une dizaine – ont fini par se soumettre dans l’optique de préserver la cohésion du groupe. On a même parlé d’un séisme voire d’un schisme au sein du groupe parlementaire PDCI-RDA. Mais à l’arrivée, rien n’y fit, et l’affaire en serait restée là.
Mais non ! Grande sera la surprise des élus concernés de savoir que les discussions qui se sont tenues, comme d’ordinaire, à huis clos, entre élus – outre le Secrétaire Exécutif, Calixte Yapo qui a pris part -, se retrouvent sur la place publique. Pis, via les réseaux sociaux, notamment par la signature acerbe et non moins irrévérencieuse d’un activiste bien connu pour être un proche de la famille Thiam, le nommé Macron 1er. Coup de tonnerre, ou coup de massue pour les concernés. Ces élus, à la tête d’illustres communes du pays, sont livrés à la vindicte par des partisans du président du parti, traités comme des individus banals et frappés d’anathèmes.

Depuis lors, le bloc considéré comme des ‘’Thiamistes’’ dans la guéguerre qui mine le PDCI-RDA, affiche une tout autre mine à l’égard spécifiquement de ces illustres élus vilipendés sur leur passage par une partie des militants du PDCI-RDA. Il se raconte, dans les couloirs de la maison du parti, que la direction actuelle du PDCI-RDA, acquise à l’ancien patron de Crédit Suisse, leur en voudrait si terriblement qu’elle a décidé de leur faire payer leur affront, et la stratégie est toute trouvée : ne pas leur accorder l’investiture du parti aux prochaines élections. Une arme secrète bien entretenue et qui permet de tenir aux ordres les militants et cadres du parti qui voudraient bien se détourner de la ligne du président.
Outre Emmou, Ehouo et Yacé, la maire de Yamoussoukro, Patrice Kouassi Kouamé dit ‘’KKP’’, dont les positions ne sont pas clairement lisibles pour le camp des soutiens au successeur contesté de feu Henri Konan Bédié, serait lui-aussi dans le viseur. Une situation qui en rajoute et alourdit considérablement l’atmosphère peu sereine déjà à l’intérieur du PDCI-RDA. Et ce, au vu et au su des doyens de ce parti, qui, depuis un certain temps, feignent de ne rien voir ni rien entendre pour arranger la situation de plus en plus déliquescente. Si elle perdure, la posture actuelle de la direction du vieux parti, qui traduit ainsi une sorte de fébrilité, met en danger les maires cités à la tête de communes très convoitées. Mieux, le PDCI-RDA lui-même, court le risque de perdre ces grosses mairies qui lui confèrent encore un certain prestige sur la scène politique ivoirienne.
Le parti d’Houphouët-Boigny, de Bédié, et aujourd’hui de Tidjane Thiam, a malheureusement du mal à canaliser ses néo-militants et sans grades déchaînés, qui ont élu domicile sur des réseaux sociaux pour régler des comptes à leurs propres cadres et gradés. Aujourd’hui, tout va dans tous les sens. A l’image de toutes ces plaintes et assignations dont le président de cette formation politique a du mal à s’en défaire. En effet, jusqu’à ce jour, aucune de ces plaintes n’a été encore déboutées. Celles qui n’ont pu prospérer ayant été juste retiré par les plaignants et non pas parce que les avocats de Tidjane Thiam, toujours contesté, avaient triomphé dans un procès. Seule la plainte de Dame Valérie Yapo est allée jusqu’à son terme. Là encore, sur les 4 griefs formulés, la plaignante a eu gain de cause sur tout, obligeant le président élu du parti à démissionner pour se faire réélire loin d’avoir atteint les 5 ans de mandat prévus par les textes du PDCI-RDA. Toute chose qui témoigne que ce scénario démission-réélection aura servi juste pour déjouer le piège de la justice et ne pas tomber sous le coup de la plainte de dame Valérie Yapo. A ce jour, deux nouvelles assignations ont relancé les débats. Jusqu’où tout sera va mène l’actuelle première formation de l’opposition ivoirienne ? Quid du sort de ces élus indexés pour les échéances à venir ?
Affaire à suivre….
JPN








