La célébration de l’an 66 de la Côte d’Ivoire, ce vendredi 7 août 2026, a été marquée par de grandes absences. Des figures emblématiques de l’opposition ivoirienne ont boudé la cérémonie solennelle et le grand défilé civile et militaire organisée à grande pompe dans la commune de Yopougon.
On s’attendait à voir aux côtés d’Alassane Ouattara une présence comme Laurent Gbagbo, le président du PPA-CI dont le nom est symboliquement collé à la commune de Yopougon considérée à tort ou à raison comme son fief. Mais, à la fête, point de Laurent Gbagbo encore moins de représentant du PPA-CI aperçu dans le parterre de personnalités qui s’est mobilisé sur la place mythique de Ficgayo.
De même, Pascal Affi N’guessan, président du Front populaire ivoirien (FPI) a choisi, lui aussi, de faire la fête dans sa base originelle à Bongouanou, loin du défilé de Yopougon Ficgayo. Idem pour Simone Ehivet Gbagbo, l’ex-Première Dame, président du Mouvement des Générations Capables dont le parti a également brillé par son absence à la cérémonie.
Toutefois, le président de la République et ses partisans du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) n’auront pas été seuls à festoyer sur la place Ficgayo dédiée à la célébration du 66e anniversaire de l’indépendance. Ils ont eu à leurs côtés une forte délégation du PDCI-RDA composée des ministres Jean Marie Kakou Gervais et Yapo Calixte (le Secrétaire Exécutif), de même que le vice-président de l’Assemblée nationale, Soumaïla Brédoumy, le porte-parole. Avec eux, le public a pu constater la présence remarquable du président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (Cojep), Charles Blé Goudé qui a été aperçu auprès du comité d’organisation depuis les préparatifs de la fête. Outre ces personnalités, d’autres leaders de petites formations politiques ont également été aperçus dans le public. A l’image de Florent Assiélou ou de Anicet Gnanzi, membres d’une coalition de partis, le G8 qui a soutenu la candidature d’Alassane Ouattara en 2025.
En toile de fond, une partie de l’opposition ivoirienne, qui réclame un dialogue politique avec le pouvoir, a préféré bouder la fête de l’indépendance pour marquer sa distance. Avant de se retirer dans son Moronou natal, le président du FPI avait déjà montré les couleurs dans une déclaration à la veille des festivités de l’indépendance. « Une démocratie ne peut être solide lorsque l’opposition doute de l’impartialité des institutions, lorsque le dialogue politique est rompu et lorsque les libertés publiques apparaissent fragilisées. Notre cohésion nationale reste profondément éprouvée. Des décennies de crises politiques ont laissé des fractures qui tardent à se refermer. La méfiance continue d’opposer des Ivoiriens à d’autres Ivoiriens », martelait Affi N’guessan, rejoint dans cette posture par Michel Gbagbo, ancien-député de Yopougon. Vice-président du PPA-CI, parti fondé par son géniteur, Laurent Gbagbo, Michel Gbagbo considère la réalité de ce qui se passe en Côte d’Ivoire comme un état de « non-indépendance ». « En ce 7 août, jour où notre nation célèbre officiellement son indépendance, nous sommes rassemblés non pas pour nous bercer d’illusions, mais pour regarder la réalité en face, dans toute sa vérité nue et sa cruauté ! Regardons notre pays aujourd’hui ! Quelle est cette réalité qui frappe nos consciences ? C’est le spectacle désolant d’une succession médiévale où le pouvoir se transmettait de main en main, au mépris de la volonté souveraine du peuple ! Sommes-nous les sujets d’un royaume ou les citoyens libres d’une république moderne ? … ». Une analyse qui a, sans doute, retenu loin du rendez-vous de Yopougon, les dirigeants du PPA-CI.
F.D.BONY








