L’homme d’affaires ivoirien et ex-candidat à l’élection présidentielle 2025, Jean-Louis Billon est monté au créneau contre l’orpaillage clandestin qui polarise l’actualité en Côte d’Ivoire depuis quelques semaines. Dans une vidéo publiée sur sa page Facebook, l’ex-ministre du Commerce s’est rendu sur plusieurs sites d’exploitation illégale, où il dit avoir pu constater de visu l’ampleur des dégâts infligés aux forêts et aux sols. Sous la vidéo, c’est un homme profondément attristé qui écrit : « Je suis resté sans voix. C’est inacceptable et des mesures plus fortes doivent être prises avant la Catastrophe ».
Au milieu d’un paysage marqué par les excavations et les cratères laissés par les orpailleurs, Jean-Louis Billon alerte sur les conséquences environnementales de cette activité. « Je suis sur un site d’orpaillage clandestin. Je vais vous montrer les conséquences un petit peu partout dans le pays », explique-t-il au début de la séquence.
L’ancien challenger du président Alassane Ouattara arrivé deuxième à la présidentiel souligne également une faille dans le dispositif de contrôle. Avant d’atteindre le site, il affirme avoir franchi plusieurs barrages de gendarmerie. Une situation qui, selon lui, interroge sur l’efficacité des mesures mises en place pour lutter contre l’exploitation clandestine de l’or.

« Avant d’arriver là, j’ai passé plusieurs barrages de gendarmerie. Donc, si moi j’ai pu arriver là, je pense que beaucoup de personnes peuvent arriver », lance-t-il, mettant indirectement en cause l’efficacité du contrôle sur le terrain.
Face à lui, la végétation a laissé place à un sol profondément balafré et éventré. Jean-Louis Billon décrit cet environnement défiguré. « Regardez simplement ce paysage, des cratères partout », constate-t-il sous un objectif de caméra.
L’homme d’affaires établit ensuite une distinction entre l’exploitation aurifère légale et les pratiques clandestines. Selon lui, les opérateurs autorisés sont soumis à des règles qui les obligent notamment à réhabiliter les espaces exploités. « Les chercheurs d’or qui sont légalement installés, tout se passe bien. Ils utilisent un terrain avec des produits légaux et, quand ils ont terminé, ils remettent le terrain en état et ils replantent », affirme-t-il.
Une comparaison qui lui permet de dénoncer plus durement les pratiques des exploitants clandestins. « Les orpailleurs clandestins, ce n’est que du vol. Ils pillent, ils détruisent, ils polluent, ils sont armés », accuse Jean-Louis Billon.
L’ancien candidat à la présidentielle insiste également sur les risques sécuritaires liés à ces activités. Il explique avoir choisi de se rendre sur les lieux en fin de journée afin d’éviter de croiser les exploitants clandestins. « Vous voyez que là, nous sommes arrivés tard dans la journée pour ne pas avoir à les croiser parce qu’ils peuvent être dangereux », précise-t-il. Au-delà de la question sécuritaire, c’est surtout le rapport entre les bénéfices tirés de l’orpaillage clandestin et les dégâts occasionnés qui choque Jean-Louis Billon. « Alors, pour un gramme d’or, ils vous détruisent des hectares entiers dans une zone », déplore-t-il.
Pour Jean Louis Billon, la lutte ne peut se limiter à des opérations ponctuelles : elle doit s’accompagner de mesures plus fermes pour empêcher l’accès aux sites clandestins, protéger les ressources naturelles et contraindre les exploitants légaux à respecter les obligations de réhabilitation des terres.
JPN








